Patrimoine Normand

Le feu de Saint-Clair à La Haye-de-Routot

La tradition des feux de la Saint-Jean renaît ici où là avec de plus en plus de vigueur. L’auteur de ces lignes contribua d’ailleurs à la renaissance de celui de Falaise il y a plus de vingt ans. Mais, parmi les « feux de l’été », celui de Saint-Clair est le plus anciennement attesté, il est le plus spectaculaire et il a lieu à une date bien particulière : le 16 juillet.

Tous les ans, le 16 juillet, le bûcher du feu de Saint-Clair brûle dans le ciel du Roumois.

Tous les ans, le 16 juillet, le bûcher du feu de Saint-Clair brûle dans le ciel du Roumois. (Photo Georges Bernage © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 27 mai 2026 à 15:45 Par
Partager :

Comme une immense torchère dressée dans le ciel du Roumois, la grande pyramide embrasée est en train de s’effondrer, les plus courageux ont saisi une poignée de paille pour saisir les brandons incandescents tombés au pied de cette pyramide de feu afin de les éteindre dans une bassine d’eau. Dans la foule, on entend : « ils vont nous rapporter des brandons qui nous protègeront de la foudre pendant un an ». Nous ne sommes pas au néolithique ou à l’époque gauloise mais à La Haye-de-Routot il y a une quinzaine d’années, ou encore l’année dernière. C’est une tradition ininterrompue depuis probablement des millénaires.

Historiens et ethnologues s’accordent pour dire que la tradition des feux de Saint Jean est une forme christianisée d’un rite remontant probablement au néolithique, aux premiers villages agricoles. Le rythme des saisons était essentiel pour une civilisation encore complètement rurale. Le solstice, le 21 juin, est le moment où le soleil est au plus haut ; il annonce de proches récoltes. Il y avait aussi des feux de l’hiver, vers le solstice d’hiver (21 décembre), au moment où le soleil est au plus bas et lorsqu’il recommence à monter dans le ciel, la joie qui annonce que l’hiver est là mais qu’il ne durera pas. Il est probable que le rituel des feux de joie liés au retour ou à l’apothéose du soleil remonte aux premières sociétés agricoles ou néolithique. Il est en tous cas attesté à l’époque gallo-romaine.

Il vous reste 88 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°21 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS