Le musée Thomas-Henry à Cherbourg
Fondé grâce à l’exceptionnelle donation de Thomas Henry, marin devenu expert des Musées royaux, le musée de Cherbourg conserve l’une des plus riches collections de Normandie. Des primitifs italiens aux maîtres français du XIXe siècle, en passant par les écoles du Nord et les artistes du Cotentin, ses collections témoignent du goût encyclopédique de son fondateur et des collectionneurs qui ont contribué à enrichir ce remarquable ensemble.
Musée Thomas Henry – Salle des peintures et sculptures françaises du XIXe siècle. (© Albanebx – Travail personnel – CC BY-SA 4.0 – Wikimedia commons)
Le musée d’art Thomas-Henry fut créé entre 1831 et 1835 d’une manière assez inattendue : en 1831, l’autorité municipale de Cherbourg fut prévenue qu’une personne, qui désirait rester inconnue, avait l’intention de donner à la ville quelques tableaux pour servir de modèles aux jeunes gens qui se sentiraient du goût pour la peinture. Entre 1831 et 1835, cent soixante peintures arrivèrent ainsi par la diligence de Paris. Le donateur était Thomas Henry (1766-1836), marin devenu expert des Musées impériaux puis royaux. Aujourd’hui encore le musée porte la marque de son fondateur. La collection présente d’une part les choix encyclopédiques d’un expert allant de l’art primitif aux grands classique de l’École Française et de l’École du Nord ; et l’autre part des goûts d’un amateur attentif aux mouvements autour de l’année 1800.
La première partie du musée a le caractère didactique d’un « petit Louvre », on s’arrêtera plus particulièrement devant le petit groupe de primitif, un Filippo Lippi à la construction théâtrale, un Fran Angelico fragment de prédelle et évocation d’un jardin de Paradis. Les primitifs flamands ouvrent un bel ensemble des Écoles du Nord. Le pittoresque flamand est représenté par les figures de Massys mais aussi de Jordaens. Les maîtres hollandais sont représentés par des œuvres décoratives des « fleurs » de Van Aelst, et Brueghel de Velours et « Trophée de chasse » de Grief. L’École Italienne témoigne du modèle du voyage italien avec une belle série de paysage, mais bien-sûr, l’École Française règne en ces lieux. Le XVIIe siècle avec Philippe de Champaigne, Vouet et un subtil Poussin de Jeunesse.
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