Sainte Thérèse de Lisieux
« Vous ne me connaissez pas telle que je suis en réalité », écrivait sainte Thérèse de Lisieux quelques mois avant de mourir. Malgré les 120 pages de ses manuscrits autobiographiques, la « Petite Sainte » ne s’est jamais véritablement livrée et ce furent plus ses deux procès en canonisation et la publication de sa correspondance, voilà quelques années à peine, qui mirent au jour sa vie et sa personnalité. Sa vie a été racontée par plusieurs auteurs, mais que savons-nous de sa généalogie ? Ensemble explorons là.
Statue de Sainte Thérèse de Lisieux, à l’entrée de la basilique Sainte-Thérèse de Lisieux. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Thérèse mourut le 30 septembre 1897, à l’âge de 24 ans. Sur la disparition de cette carmélite si ordinaire en apparence, personne ne s’attarda. Or, dès 1899, sa tante disait à ses nièces, sœurs de la défunte, que la famille devait quitter Lisieux « à cause de Thérèse », dont la tombe était gardée jour et nuit, pour éviter que les pèlerins, faisant reliques de tout, n’en arrachent les fleurs ou n’en emportent la terre. Celle qui voulait rester inconnue, qui vivait cachée, n’aurait pu imaginer que sa vie, son âme et son image seraient commercialisées auprès de millions de personnes.
Dévotion et vieilles dentelles
« Ma petite fille est née hier, jeudi, à 11 heures et demie du soir. Elle est très forte et bien portante, on me dit qu’elle pèse huit livres, mettons cela à six, ce n’est déjà pas mal ; elle me paraît bien gentille. Je suis très contente. Cependant, au premier moment, j’ai été surprise, car je m’attendais à avoir un garçon ! Je m’étais figuré cela depuis deux mois, parce que je la sentais beaucoup plus forte que mes autres enfants ». C’est ainsi que Zélie Martin annonce à son frère et à sa belle-sœur la naissance de son neuvième enfant. Le surlendemain, 4 janvier 1873, c’est en l’église Notre-Dame d’Alençon que Marie-Françoise-Thérèse est baptisée, tenue sur les fonds baptismaux par sa sœur Marie, de 13 ans son aînée.
Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
La petite Thérèse arrive dans une famille très imprégnée de religiosité. Son grand-père militaire, était connu pour avoir des opinions en faveur du jésuitisme. Son père, ballotté de ville de garnison en camp militaire, avait émis le vœu d’entrer au Grand Saint-Bernard, secours de montagnards. Refusé parce qu’il ne connaissait pas le latin, il rejoignit Alençon et s’installa comme horloger-bijoutier. D’une foi « vive et active », il refusait d’ouvrir son magasin le dimanche et ne sortait de chez lui que pour participer à des soirées entre jeunes gens du Cercle Catholique. Voulant s’afficher comme chrétien exemplaire, il ne manquait pas un pélerinage, n’oubliait pas d’assister à une messe par semaine.
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