Cerisy-Belle-Étoile
Le mont et l’abbaye
Dominant la vallée du Noireau et du Doinus, où s’implanta l’abbaye Notre-Dame de Belle-Étoile, le mont Cerisy, surnommé le mont aux Rhodos, est considéré comme l’un des sites les plus romantiques de la Suisse normande.
Le château néogothique construit au sommet du « mont des Rhodos ». Du haut de la tour s’offre un panorama à 360° sur la campagne environnante. (© Mireille Thiesse)
Le mont Cerisy : un parc romantique et attractif
Dôme de granit rose, recouvert de bois, et de vertes prairies au printemps, le mont de Cerisy domine à une altitude de 264 mètres la partie sud-ouest de la Suisse normande à la limite de l’Orne et du Calvados. Il est né d’une intrusion magmatique, à l’origine de la chaîne du Massif armoricain, qui s’est produite à la fin de l’orogénèse cadomienne de l’ère primaire, il y a 540 millions d’années. Ce phénomène géologique a créé, au nord-est du massif, des buttes granitiques isolées aux flancs escarpés comme le mont Saint-Michel ou le mont Tombelaine. Au sommet du mont Cerisy et le long du chemin des Rochers qui surplombe la vallée du Noireau, de nombreux affleurements de leucogranite1 épars sont visibles. Du belvédère, on peut aussi observer des escarpements de roches cornéennes2.
En mai et juin, le site attire une foule de « pèlerins » venant admirer le « mont aux Rhodos ». Plantés là au début du xxe siècle, des milliers de pieds d’une vingtaine d’espèces provenant de l’île de Jersey constituent de gigantesques massifs de rhododendrons – aux teintes roses, pourpres ou violettes –, qui assurent aujourd’hui la réputation du mont. Devenu un parc très apprécié, il est ouvert toute l’année au public. Acquis par la commune de Cerisy-Belle-Étoile en 1955, le mont Cerisy est aujourd’hui aménagé et géré par Flers Agglo. Traversé par un parcours nature pédagogique, ainsi que par un tracé santé-sportif qui croisent le sentier de grande randonnée GR 226, quatre sentiers VTT et un parcours d’orientation, ce parc de loisirs est aussi un site romantique qui invite à s’imprégner de son histoire et de ses légendes. Que l’on arrive au sommet du mont par la route pittoresque qui gravit le versant côté est à partir du bourg, ou par l’abrupt sentier du versant sud, à l’ouest de la vallée du Doinus – là où fut implantée l’abbaye de Belle-Étoile –, les ruines imposantes du château néo-gothique bâti en leucogranite captivent les regards et attisent l’imagination.
Grâce à l’association des Amis de l’Abbaye de Cerisy-Belle-Étoile, la galerie du cloître a retrouvé son niveau d’origine. Mise hors d’eau, elle fut sauvée de la ruine. (© Mireille Thiesse)
Du haut de la tour, un panorama à 360° s’étale sur la campagne environnante et sa soixantaine de clochers. D’est en ouest, les communes de Caligny et de Saint-Pierre-d’Entremont le bordent au nord ; Saint-Georges-des-Groseillers, La Lande-Patry et Landisacq, communes limitrophes de Flers, le cernent au sud. Selon les directions, on peut repérer les lieux-dits sur la table d’orientation en lave émaillée, installée au pied de la tour au début du XXe siècle.
Retrouvez cet article dans son intégralité
Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°138. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
Notes
- Le granit de Cerisy a une composition de leucogranite à grain fin. Il est riche en quartz souvent automorphe (36 %) et en orthose perthitique (41 %).
- Schistes durs, recuits par le magma granitique.
La Côte des Îsles – Entre falaises, havres & dunes