Les princes de l’âge du Bronze en Normandie
L’émergence de nouvelles élites révélée par l’archéologie
Entre 2100 et 1700 avant J.-C., l’âge du Bronze ancien marque en Normandie une profonde transformation des sociétés. Les découvertes archéologiques récentes révèlent l’émergence d’élites hiérarchisées, liées à la maîtrise d’un nouveau métal : le bronze.
Une partie du mobilier découvert dans le tumulus de Longues-sur-Mer : haches plates et poignard en bronze, caractéristiques du début du IIe millénaire av. J.-C. (© H. Paitier, Inrap)
L’extrême fin du IIIe millénaire et les premiers siècles du IIe millénaire sont désormais très bien renseignés par l’archéologie dans l’ouest de la France. Les données funéraires sont abondantes, en particulier en Normandie occidentale où les fouilles archéologiques de ces vingt dernières années ont livré des dizaines de sites entre la Plaine de Caen et celle d’Argentan. Il est donc aujourd’hui possible de restituer sur un large espace géographique, aux marges du Massif armoricain, les modes d’occupation de l’espace et d’esquisser une évolution de la construction sociale des premiers siècles de l’âge du Bronze. Ces trajectoires semblent liées à la généralisation, assez rapide, de l’alliage du cuivre et de l’étain pour produire le bronze. Cette étape technologique, profonde mutation économique, a bouleversé les équilibres sociaux du Néolithique et participé à l’émergence d’une société plus hiérarchisée.
Les « petits princes » d’Armorique
Dans l’ouest de la France, la Bretagne, et plus particulièrement la Basse-Bretagne, a constitué pendant plus d’un siècle une référence incontournable pour l’étude de l’âge du Bronze ancien, en France comme au-delà, notamment grâce à l’analyse de nombreux monuments funéraires menée aux XIXe et XXe siècles. Le tumulus de Lothéa, à Quimperlé (Finistère), en offre une bonne illustration : la tombe a livré une très grande quantité de mobilier, révélant le statut social de l’individu inhumé. Cet ensemble funéraire compte parmi les plus anciens de la culture des tumulus armoricains, vers 2100 avant J.-C.
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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°138. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
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