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Abbaye de Montivilliers

Une renaissance attendue !

Le 22 janvier 2018, une poutre cédait dans l’aile sud des bâtiments conventuels de l’abbaye cauchoise, obligeant à fermer ceux-ci au public. Un véritable crève-cœur pour la municipalité montivillone, dépositaire d’un héritage de près de quatorze siècles. Enfin ! Après les travaux nécessaires, réalisés comme il se doit par des entreprises hautement qualifiées, l’abbaye a rouvert ses portes à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine 2025.

L’abbaye de Montivilliers. Vue d’ensemble depuis le sud.

L’abbaye de Montivilliers. Vue d’ensemble depuis le sud. (© Ville de Montivilliers)

Mis à jour le 2 juillet 2026 à 20:57 Par
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Mais pourquoi donc s’écoula-t-il plus de sept ans entre un incident en apparence mineur, et la possibilité de remettre cet ensemble majestueux à disposition du public, quand il faut parfois quelques mois à peine pour voir un immeuble s’élever dans un centre-ville ? En matière de monuments historiques, le temps ne s’écoule pas de la même manière que pour les constructions contemporaines : les procédures sont longues, complexes, et nécessitent l’intervention de nombreux acteurs spécialisés, afin de s’assurer du respect de l’intégrité du bâti et de ses particularités. Et parfois, les vents contraires s’acharnent…

Une abbaye et une ville multiséculaires

L’abbaye de Montivilliers peut se targuer de sa longue Histoire et compte au nombre des plus anciens monastères de Normandie. Fondée vers 680 pour les femmes par saint Philibert, déjà à l’origine en val de Seine de Jumièges et de Pavilly, elle est ravagée par les Vikings sans doute au cours de la seconde moitié du IXe siècle.

Le duc Robert le Libéral (1027-1035) décide de rétablir le « monasterium villare » juste avant de partir en Terre sainte, pour un pèlerinage dont il ne reviendra jamais. Par une charte en date du 13 janvier 1035, il place à la tête de cet établissement l’une de ses tantes, l’abbesse Béatrice. Il concède en outre à la communauté bénédictine renaissante de nombreux biens, terres, paroisses, dîmes, salines, moulins, prés, fermes, afin d’assurer sa prospérité. Il précise par ailleurs que l’église « Sainte-Marie » et plusieurs paroisses des environs seront « affranchies, exemptes et complètement libres de toute juridiction épiscopale ». L’archevêque de Rouen en personne donne son accord, ce qui place de facto l’abbaye de Montivilliers dans une situation assez exceptionnelle de quasi-indépendance vis-à-vis de toute autorité religieuse, Saint-Siège excepté. C’est dire le privilège dont jouissent l’abbesse et les sœurs. Cela ne manquera pas de provoquer parfois des querelles assez vives avec certains prélats rouennais, peu enthousiastes à l’idée de voir de « simples femmes » s’affranchir de leur tutelle.

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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°138. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.

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