Sur les traces du roi Arthur en Normandie
Pour marcher dans les pas d’Arthur et de ses chevaliers, nous imaginons généralement devoir franchir la frontière avec la Bretagne armoricaine et aller flâner du côté de la forêt de Paimpont, assimilée à la mythique Brocéliande, où même traverser la Manche, direction Tintagel. Il existe pourtant, au cœur de la province aux léopards, quantité de lieux associés à la légende arthurienne. En puisant chez Geoffroi de Monmouth, Wace ou le génial Chrétien de Troyes, nous vous proposons d’en découvrir quelques-uns.
Saint-Pierre de Caen. Splendide représentation de Lancelot franchissant le pont de l’Épée. (© Stéphane William Gondoin)
On se souvient, par exemple, que Geoffroi de Monmouth attribuait à l’aïeul de Beduer, échanson du roi Arthur, la fondation de la ville de Bayeux. C’est là que reposerait ce guerrier redoutable, mort comme il se doit au combat, inhumé « dans un cimetière qui se trouvait au sud de la cité, le long du rempart ». Wace, qui maîtrise parfaitement la géographie de la ville épiscopale du Bessin, précise que sa tombe se trouvait « à l’extérieur de la porte, vers le midi ». Il désigne probablement ainsi la porte Arborée, qui perçait au sud le rempart gallo-romain cernant encore la ville au XIIe siècle. À ses pieds se trouvait autrefois l’église Notre-Dame-de-la-Poterie et son petit cimetière, dont Wace aurait pu s’inspirer. Le sanctuaire n’est certes formellement attesté qu’en 1290, soit une centaine d’années après la rédaction du Brut, mais l’existence d’un lieu de culte et de sa nécropole est peut-être plus ancienne.
Saint-Pierre de Caen
Le sénéchal Keu reçoit des blessures mortelles au cours de la même bataille que celle qui coûta la vie à Beduer. Il est amusant de constater que Geoffroi de Monmouth connaît assez mal la géographie de l’Europe continentale, puisqu’il présente ce personnage comme le « duc des Angevins » tout en lui attribuant la fondation de Caen. L’allusion à l’Anjou n’est certainement pas innocente, puisqu’à son époque le comte d’Anjou, Geoffroi Plantagenêt, et son épouse, Mathilde l’Emperesse, luttent contre Étienne de Blois pour récupérer l’héritage d’Henri Beauclerc. Wace rectifie l’approximation de Geoffroi et explique que Keu fonda la forteresse de Chinon (Indre-et-Loire), qu’il lui donna son nom (Wace écrit Kynon – « e de Key ot Kynon cest nun ») et qu’on l’enterra près de ce lieu, dans un ermitage perdu au fond des bois.
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°106 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
