La grande misère du château-musée d’Eu
Installé depuis 1973 dans le château d’Eu qui vit passer tant de rois et de reines de France (voire même de l’étranger puis Louis-Philippe y accueillit la Reine Victoria, scellant ainsi le début de « l’Entente cordiale »), le musée Louis-Philippe aurait tout pour s’épanouir. Malheureusement, entre la « mérule » et le manque de moyens financiers, il survit plus qu’il ne se développe. Explications.
Château d’Eu, façade. (© Alexandre Vernon)
La « mérule », bête noire du château.
Mérule : « Nom féminin. Très grand champignon qui attaque le bois des charpentes » dit le Petit Larousse. On pourrait ajouter : « et cauchemar du château d’Eu… » car s’il ne se voit pas et ne se sent pas, ce parasite particulièrement vorace se devine très vite aux dégâts qu’il cause sans distinction, aux planchers ou aux parquets, fussent-ils de la plus belle marquetterie.
À l’aise dans les atmosphères humides, la mérule est devenue aujourd’hui la bête noire du conservateur du musée Louis-Philippe et du château d’Eu car rien ne lui résiste, ou presque. On l’a constaté une fois de plus voilà quelques mois quand, après des années de sommeil apparent dû à la lutte acharnée qu’on menait contre elle dans l’aile nord, elle a resurgi le 12 octobre 1995 en plein centre du monument, faisant s’abattre soudainement trois mètres carrés (250 kg) de plafond dans l’escalier d’honneur… à quelques dizaines de mètres seulement d’un groupe d’amis du musée qui passait par là. Avertissement ?
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