PATRIMOINE NORMAND

Les Normands d’Italie

Terreurs du monde…

En Normandie, lorsque l’on utilise le mot conquête, chacun songe immédiatement au duc Guillaume traversant la Manche et montant au milieu de ses guerriers à l’assaut de la colline de Senlac, sur le champ de bataille d’Hastings. Il existe pourtant une autre conquête normande, elle aussi accomplie au cours du XIe siècle : celle de l’Italie méridionale. Laissez-nous vous conter ces heures de grande aventure !

Levée du siège de Salerne. Eugène Roger. Salerne assiégée par les Sarrasins, est délivrée par 40 chevaliers normands revenant de pèlerinage en Terre sainte. (© RMN-Grand Palais – Château de Versailles)

Levée du siège de Salerne. Eugène Roger. Salerne assiégée par les Sarrasins, est délivrée par 40 chevaliers normands revenant de pèlerinage en Terre sainte. (© RMN-Grand Palais – Château de Versailles)

Mis à jour le 9 décembre 2025 à 23:04 Par
Partager :

Dans la première moitié du XIe siècle, le moine bourguignon Raoul Glaber décrit un Occident en pleine crise de mysticisme : « Les peuples chrétiens semblaient rivaliser entre eux de magnificence pour élever des églises plus élégantes les unes que les autres. On eût dit que le monde entier, d’un même accord, avait secoué les haillons de son antiquité, pour revêtir la robe blanche des églises. » À cette frénésie de construction s’ajoute un intérêt croissant pour les pèlerinages, particulièrement à destination de la Terre sainte, histoire de racheter le salut de son âme : « On vit encore une foule innombrable de fidèles accourir, comme en triomphe, à Jérusalem, de tous les coins de la terre, et contribuer par leurs offrandes à restaurer la maison de Dieu. » Selon la légende, c’est dans le cadre de ce regain de foi que débute l’épopée normande en Italie.

Le mythe des origines

Si l’on en croit le moine Aimé de Mont-Cassin, tout débute en effet aux environs de l’an mil, date éminemment symbolique, quand un groupe de quarante voyageurs de retour de Jérusalem passe par la ville de Salerne, alors assiégée par les Sarrasins. Le chiffre quarante ne doit rien au hasard : il correspond au nombre d’années d’errance dans le Sinaï imposées au peuple hébreu pendant l’Exode (Nb, 14,34), avant de pouvoir gagner la terre promise ; c’est aussi durant quarante jours et quarante nuits que le prophète Élie marche dans le désert avant de rencontrer Dieu sur le mont Horeb (1 Rs 19,8) ; même chose pour le Christ, qui jeûne au milieu des dunes pendant quarante jours en proie aux tentations du malin (Lc 4,1). Dans la mystique judéo-chrétienne, quarante est le chiffre de la pénitence, le temps de l’épreuve pour parvenir jusqu’à Dieu, ou du moins le délai nécessaire avant d’accomplir l’œuvre de Dieu.

Il vous reste 92 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans le hors-série « Normandie Médiévale » en intégralité, vous pouvez acheter le hors-série en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS