Abbaye de Cerisy-la-Forêt
Une restauration en cours
Fondée selon la tradition par saint Vigor au VIe siècle puis refondée en 1032 sous Robert le Magnifique, l’abbaye de Cerisy-la-Forêt compte parmi les grands chefs-d’œuvre de l’art roman normand. Son architecture audacieuse, ses multiples transformations au fil des siècles et les importantes campagnes de restauration entreprises pour la sauver en font un témoin exceptionnel de l’histoire religieuse et monumentale de la Normandie.
Abbaye de Cerisy-la-Forêt – vue aérienne de l’abbaye. On aperçoit le côté sud des bâtiments : porterie, vestiges de la nef, abbatiale. En arrière-plan, la forêt de Cerisy. (Photo Yvonnick Guéret © Patrimoine Normand)
Saint-Vigor et Cerisy
Une légende veut que le moine Vigor alors ermite au village de Reviers ait reçu de Volusianus, grand propriétaire terrien, la terre de Cerisy.
Devenu par la suite évêque de Bayeux, il fonda au VIe siècle, en ce lieu, un établissement religieux qui exista jusqu’aux invasions normandes. Celui-ci probablement ruiné par ces mêmes envahisseurs, ne retrouva une vie régulière que sous le règne du père de Guillaume le Conquérant : Robert le Magnifique. « En ce jour du 12 novembre 1032 » nous indique la première mention connue. On sait aussi que le premier abbé du lieu vint de Saint-Ouen de Rouen. De cette époque il ne reste aujourd’hui aucune trace apparente des constructions.
L’abbaye de Cerisy prit de l’importance avec les moines bénédictins qui se chargèrent d’établir des prieurés, rayonnant sur les monastères affaiblis de Saint-Fromond, Saint-Marcouf et autres sites éprouvés.
Chronologie du XIe siècle à nos jours
Bien qu’il ne nous reste aucun texte, on situe pourtant au XIe siècle la construction de l’abbatiale. On pense que la nef fut édifiée (au XIe siècle) avant le chevet et le chœur. Au cours du XIIIe siècle, on construisit la porterie et la chapelle de l’abbé. De même on édifia une travée d’avant nef ainsi qu’une façade gothique à trois portails devant l’église. En 1269, une importante donation fut faite par saint Louis. Une autre donation permit par la suite, au XIVe siècle, de construire la voûte du chœur. Au XVe siècle, les logis conventuels ayant disparu on les reconstruit, et une grande campagne de restauration est lancée, on remet au « goût du jour » le décor du chemisage autour des piles et de la croisée du transept, puis bouchage des baies de la croisée, ainsi qu’élargissement des autres.
L’abbatiale vue du plan d’eau. Chevet et croisillon nord. (Photo Erik Groult © Patrimoine Normand)
Sous le règne de François Ier se développe l’habitude d’établir des abbés commendataires (la commende) à la tête des abbayes. Les revenus qui restaient auparavant dans les abbayes pour leur entretien s’en vont dorénavant avec l’abbé. Dès lors on observe un appauvrissement des abbayes que connaît aussi Cerisy.
D’importantes détériorations vont s’ensuivre. Outre tempêtes, ouragans et la foudre qui causent à maintes reprises des dégâts importants, l’abbaye va souffrir des affrontements entre catholiques et protestants.
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