Patrimoine Normand

Promenade à Barfleur et ses environs

Un des plus beaux villages de France dans un cadre splendide, mais parfois hostile, Barfleur fut le théâtre de drames et d’entreprises glorieuses, et dut renaître plusieurs fois de ses cendres pour devenir ce qu’il est.

Port de Barfleur, avec au fond la silhouette massive de l’église et les maisons serrées le long des quais. Tous les bateaux ne sont pas amarrés au quai, seuls les plus grands dont les chalutiers, ainsi que des caseyeurs, fileyeurs, cordiers. Les autres sont mouillés au milieu du port avec les ligneurs de bars.

Port de Barfleur, avec au fond la silhouette massive de l’église et les maisons serrées le long des quais. Tous les bateaux ne sont pas amarrés au quai, seuls les plus grands dont les chalutiers, ainsi que des caseyeurs, fileyeurs, cordiers. Les autres sont mouillés au milieu du port avec les ligneurs de bars. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 19 mai 2026 à 14:50 Par
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Il y a loin du Barfleur ancien, médiéval, au Barfleur actuel. Tout ou presque, a changé : le site, mangé peu à peu par la mer, la ville, dévorée par ceux qui l’avaient construite, les hommes. Quelques édifices médiévaux subsistent, notamment la maison de la cour Sainte-Catherine. Dans l’ensemble, l’habitat de Barfleur date du XVIIIe au XIXe siècle. Les événements qui ont frappé Barfleur expliquent la perte de ses maisons et infrastructures plus anciennes qui pourtant ont existé.

Grandeur et décadence de Barfleur

Rien ne transparaît du rôle capital que joua Barfleur du XIe au début du XIIIe siècle. Sa situation à la pointe est de la presqu’île du Cotentin fit en effet de Barfleur le port de prédilection des anglo-normands, puisqu’il était (avec Cherbourg), le port le plus proche des côtes anglaises parmi les ports normands de l’époque. Port en eau profonde et bien abrité, il possédait en outre une superficie suffisamment importante pour accueillir la flotte nombreuse des ducs rois. La tradition navale n’avait cependant pas débuté avec eux, et c’est la position géographique et la tradition maritime qui fit que l’on choisit Barfleur. Déjà en 1066, des charpentiers de marine de Barfleur auraient, dit-on, construit le Mora qui conduisit Guillaume en Angleterre. Ce qui est sûr en revanche, est que le pilote et l’équipage étaient de Barfleur. Guillaume, puis Henri Ier Beauclerc, Henri II Plantagenêt et ses fils embarqueront donc régulièrement à Barfleur, faisant de ce port une ville riche et puissante. La fin de son rôle prépondérant est annoncée avec Philippe-Auguste et sa volonté de conquérir la Normandie. Elle est acquise dans les premières années du XIIIe siècle. Barfleur continue néanmoins à être un port commercial et économique important. Les années sombres débutent au XIVe siècle.

Médaille de bronze commémorant Étienne Airard, pilote du Mora, nef de Guillaume, en 1066.

Médaille de bronze commémorant Étienne Airard, pilote du Mora, nef de Guillaume, en 1066. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand)

En 1340, Philippe VI de Valois, roi de France, décide d’envahir l’Angleterre pour couper court aux revendications d’Henri III sur la Guyenne et la couronne de France. Il réunit alors une flotte dans le nord de la France, à l’Écluse, parmi laquelle neuf navires de fort tonnage fournis par Barfleur. Pris au piège, les Français ne purent se défendre et la flotte fut détruite. En 1346, c’est Barfleur lui-même qui fut pillé et détruit, Henri III ayant débarqué en France pour procéder à des raids destructeurs. C’est le début de la Guerre de Cent Ans et des drames qui l’accompagnent comme la Peste Noire, qui va toucher Barfleur, ou la destruction par la mer.

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