Patrimoine Normand

Marie Ravenel

Marie Ravenel. 1811-1893.

Marie Ravenel. 1811-1893. (© Guillaume Néel)

Mis à jour le 26 mai 2026 à 20:35 Par
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Voilà une figure que n’auraient sans doute pas reniée Maupassant et Maître Flaubert, même ci ces trois-là, qui vivaient pourtant à la même époque, n’ont jamais partagé la moindre bolée de cidre (ou le moindre sou de calva) autour d’un bon feu. Ils en auraient eu, pourtant, des choses à se raconter. Côté lettres, Marie n’avait pas nécessairement au départ toutes les chances de son côté : fille de simples cultivateurs plus ou moins meuniers, sa seule perspective en ce temps était de devenir maîtresse d’une ferme, avec une ribambelle de mioches accrochée à ses robes. Oui mais voilà, les muses restent des divinités bien capricieuses et quand Euterpe et autres Calliope décident de vous souffler entre les deux oreilles, il y a largement de quoi mettre la cervelle d’un simple mortel en transe poétique. Marie a donc composé mille et un vers, chantant son val de Saire natal et ses charmes farouches. Son pont Mirabeau à elle, ce sont les colères de la Manche, les sentiers bordés de bruyères, le moulin où elle vit le jour et tout un tas d’autres choses simples. En Cotentin, pour la postérité, Marie est aux mots ce que Millet est aux pinceaux.

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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°116. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.

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