Magène : Je syis magnifique !
On ne s’en lassera jamais : Magène nous revient avec un nouvel opus. Je syis magnifique propose seize textes des plus grands auteurs normands. Seize poèmes en langue normande qui clament haut et fort la générosité d’une culture unique.
Magène : Je syis magnifique ! (© Magène)
Sur des musiques de Daniel Bourdelès, Véronique Pézeril, Daniel Coulon et Jacques Lebouteiller, les grands classiques y sont à l’honneur : Marcel Dalarun, prolixe contributeur au regain de la langue y voit la reprise de trois de ses poèmes ; tout comme Alphonse Allain dans le registre traditionnel : il glorifie la Hague belle et sauvage, chante à l’unisson du rouet, et se rappelle le tablier que portait sa grand’mère, son devaunté.
Théo Capelle, interprète de Magène. (© Thierry Georges Leprévost)
Jé me souovyins de sen tabllyi :
Ch’était eun graund devaunté touot blleu
Par derryire qu’était pouési
Chaffetaé et passaé de couleu.1
Et puis Côtis Capel, un autre chantre de La Hague, cinq fois honoré dans le disque, dont une fois sans musique : Nous mans, qui est dit par Théo Capelle, et non chanté par lui comme les autres titres. De ses variations sur le vent ou sur les mains, à son cœur coume la mé, en passant par les rouoges gorges et le bouleversant Men frère, Albert Lohier (le vrai nom du poète) nous rappelle sa capacité à jouer sur tous les registres de l’âme.
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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°91. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
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Notes
- Je me souviens de son tablier, / C’était un grand sarrau tout bleu / Qui était noué par derrière, / Auréolé de taches et passé de couleur.