Patrimoine Normand

Guillaume le Conquérant

Vers la fin d’un règne : les années 1080

Le duc est désormais vieillissant, et son bilan mitigé. Privée de son fils aîné et de son frère Odon, sa famille proche va encore s’amoindrir. Bien assis en Angleterre, son pouvoir royal le fait un peu négliger sa Normandie où s’épanouissent les grandes abbayes, symboles de sa puissance dans l’Occident du XIe siècle. Aussi de nouvelles menaces se profilent-elles au sud du duché, dans le Maine.

L’Abbaye-aux-Hommes de Caen. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

L’Abbaye-aux-Hommes de Caen. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 28 avril 2026 à 18:37 Par
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Un mariage lourd de conséquences

Le pouvoir médiéval passe toujours par la voie des unions matrimoniales. En 1082, Guil­laume de Normandie cherche à marier sa fille Adèle. Après mûre réflexion, il jette son dévolu sur Étienne-Henri, le fils du comte de Blois auquel il succédera en 1090. Le choix paraît judicieux : ainsi espère-t-il s’assurer le soutien d’un puissant voisin au sud-est de son duché, un duché où il ne peut plus séjourner aussi souvent qu’il le souhaite pour maintenir l’ordre.

Contrairement à l’usage de son siècle, Adèle n’a rien d’une potiche : bien éduquée à la cour, à l’instar de son frère Henri Beauclerc, elle jouera un rôle important dans la vie culturelle du royaume franc, malgré le handicap évident que constitue son sexe à une époque où les femmes servent de monnaie d’échange diplomatique. Son influence s’exercera même aux niveaux artistique et politique, à travers une correspondance suivie en direction d’esprits éclairés, et en premier lieu avec l’évêque Yves de Chartres, avec qui elle entretiendra des relations épistolaires pendant quelque vingt-cinq ans. Elle écrit régulièrement aussi à Baudri, abbé de Bourgueil, qui sera archevêque de Dol ; à Marbod, futur évêque de Rennes ; à Hildebert, futur évêque du Mans et archevêque de Tours, tous gens fort cultivés qui apprécient son intelligence et sa créativité poétique.

Église Saint-Nicolas-des-Champs, Bourg-l’Abbé à Caen. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Église Saint-Nicolas-des-Champs, Bourg-l’Abbé à Caen. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Dans le même temps apparaissent les génies du siècle, tels Guillaume IX d’Aquitaine, Abélard, Bernard de Ventadour. Adèle de Blois préfigure ainsi une Aliénor d’Aquitaine qui donnera au cours de ses règnes des gages personnels à ce que les historiens nomment très justement la « Renaissance du XIIe siècle », appliquée il est vrai aux seules classes dirigeantes.

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