Le « Dgèrnésiais » : la langue normande de Guernesey
Les îles Anglo-Normandes recèlent un secret : l’histoire du parler normand. Sur ces quelques îlots survit le témoin d’un passé remarquable, une langue originale qui tente de survivre a présent – le normand – parti au delà des mers à la conquête de l’Angleterre puis du Québec.
Coucher de soleil sur les Iles anglo-normandes, à Guernesey. Le nom de cette île, comme celui de la plupart des autres, est d’origine scandinave. Les paysages sont un prolongement de ceux de La Hague. (© Alexandre Fuzeau)
« Un ser, j’etais dans ma cahutte, assis au coin d’un bell fouaie d’vrec, de bouan fort cidre dans ma jute, et le p’tit but d’pipe a men bec. L’vent qui heurlait dans ma guerbiere faisait que l’crasset brulait bllu. Ma femme ouvrait su la jonquiere. »1
Dans les îles Anglo-Normandes survit une langue ancestrale : l’ancien normand que nos ancêtres parlaient sur l’ensemble du royaume anglo-normand au Moyen Âge. Pas un patois ni un dialecte, non ! Sur ce petit bout du duché de Normandie, on n’aime pas ce terme. Une langue a part entière, symbole de la réussite d’une nation, dont l’expansion répond à l’esprit d’entreprise des Normands du XIe siècle. Issu du vieux français, influencé par les Vikings, elle contient environ 200 racines soit environ 1 000 mots issus du norois. Visibles dans la toponymie des îles, hougue (du norrois haugr) désigne une éminence, et houmet (norrois holmr) une prairie entourée d’eau. La vie quotidienne révèle une forte influence. « Canne » pour cruche (norrois kanna pour pot) garde à Guernesey son terme générique pour toute forme de pot (faïence, terre ou métal) alors qu’il ne désigne plus que le récipient de cuivre pour le lait dans le normand du continent.
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