Le fabuleux destin d’Osmond de Sées
On sait que la petite ville de l’Orne peut s’enorgueillir de posséder une splendide cathédrale. Mais on sait sans doute moins qu’y naquit au XIe siècle un homme qui joua un rôle considérable dans l’histoire des relations entre la Normandie et l’Angleterre : Osmond, fils du comte de Sées et parent de Guillaume le Conquérant.
Aventurier normand devenu chancelier d’Angleterre, évêque bâtisseur de cathédrale et finalement saint faiseur de miracles, Osmond s’inscrit dans l’épopée de Guillaume le Conquérant. (© Photo Salisbury Cathedral /www.visitwiltshire.co.uk)
L’origine précise du diocèse de Sées – orthographié Séez dans les textes anciens – se perd dans les brumes du haut Moyen Âge, et il semble que pour la période antérieure à l’an 900, le déroulement des événements doive être pris avec précaution. Les premiers évêques dont on retrouve la trace sont Sigisbald, qui aurait vécu vers 450, et Latuin. Mais d’autres traditions font remonter ce dernier aussi loin que le Ier siècle, et en font un missionnaire de saint Clément. En fait, le premier personnage devenu évêque de Sées dont la véracité historique est plus affirmée, est un certain Passivus, dont la présence est signalée dans des conciles à Orléans entre 533 et 549. Ensuite, au VIIe siècle, on trouve l’évêque Aunobertus, puis Lothaire et Chrodegang (Godegrand), peut-être au début du VIIIe siècle. La toute première cathédrale, érigée sur un ancien site romain, était en bois et fut détruite par les Vikings. Plus tard, vers l’an mille – en 946, l’évêché avait été placé sous la coupe des seigneurs de Bellême – un nouvel édifice fut construit sous la direction de l’évêque Azon. À cette époque, la ville de Sées était ceinte de murailles mais Azon, considérant qu’elles n’étaient plus vraiment nécessaires à la protection de la cité, décida de les détruire et d’en récupérer les pierres pour les réutiliser dans le chantier de la cathédrale.
Débauches et rixes dans la cathédrale en flammes
En 1048, un nouveau malheur survint : trois hobereaux sans foi ni loi, les frères Soreng – Richard, Robert et Avesgaud – avaient recruté une troupe de voleurs et de vandales, et ravageaient la région en pillant hameaux et fermes. Ils décidèrent d’envahir Sées, une expédition manifestement facilitée par l’absence des murailles abattues par Azon. Aussitôt dit, aussitôt fait, avec la cathédrale pour objectif majeur. Ils parvinrent effectivement à s’introduire dans le bâtiment à la recherche de trésors, et même à s’y installer pour longtemps, transformant ce lieu saint en écurie et en aire de stockage de leurs rapines ! Là, certains de leur supériorité et de la terreur qu’ils inspiraient aux habitants, ils se livraient à tous les excès, et allaient jusqu’à inviter des filles de mauvaise vie à partager leurs débauches !
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