Le Marité, dernier terre-neuvier normand
Dernier grand morutier à voile français, le Marité incarne une mémoire vivante de la grande pêche normande. Construit à Fécamp, passé par les mers du Nord avant de sombrer dans l’oubli, il renaît aujourd’hui après sa restauration à Saint-Vaast-la-Hougue. Appelé à rejoindre Granville, son port d’attache, ce trois-mâts-goélette retrouve toute sa place dans le patrimoine maritime normand.
Le Marité sur la Seine, à Rouen. (© Jeannine Bavay)
Le Marité, de Fécamp à Granville, après sa restauration à Saint-Vaast-la-Hougue
Ce navire a été construit après la Première Guerre mondiale dans un plan élaboré par l’État pour encourager la pêche en France. Près de 150 navires ont été construits – mais aucun pour la pêche à la morue – munis d’un moteur, pour être vendus aux armateurs. Mais les armateurs préfèrent acheter avec leurs indemnités de guerre, en Angleterre ou en Écosse des bateaux à vapeur plus modernes. L’État a donc beaucoup de mal à placer les navires dont il a lancé la construction et pense alors que certains peuvent être aménagés pour la pêche à la morue oubliée dans le programme de relance. L’affaire est intéressante, car les prix sont bas et peuvent être payés en dix annuités. C’est ainsi qu’un dundee H2 pour la pêche aux harengs, construit à Paimpol, a été livré coque nue et sans moteur à un armateur fécampois. Aux chantiers navals de Fécamp, il reçoit le gréement classique d’un trois-mâts-goélette pour la pêche à la morue ; les travaux vont durer un an.
Bateau traditionnel en bois à pont unique, c’est le dernier voilier de grande pêche sorti des chantiers fécampois. Il peut embarquer vingt-quatre hommes d’équipages et onze à douze doris. Marie-Thérèse devait être son nom, mais un autre bateau de l’armateur portait déjà ce nom (qui était celui de la fille de l’armateur, Charles le Borgne) et il ne fut pas accepté par les autorités.
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