Granville
Un marché de patrimoine
Granville : « l’un des plus beaux détours de France »,… et son marché couvert, labellisé Patrimoine du XXe siècle depuis 2014. Un lieu de mémoire pour des étals d’exception.
Le marché couvert de Granville. Sur deux niveaux, une quarantaine d’étals dans un bâtiment d’un remarquable cachet Art déco. (© Jean-Luc Péchinot)
« Vous, en retraite ? Vous allez vous ennuyer ! », avance la fidèle cliente. « Je vais prendre une maîtresse, ça va m’occuper », rétorque Philippe Lapie qui, à la quasi-veille de sa retraite, a toujours la répartie facile. Ayant succédé à sa mère, Yvette, qui s’était ancrée là en 1969, le mytiliculteur de Donville-les-Bains se dit ravi de laisser sa place de marché à son fils, Nicolas. La dixième génération de pêcheurs : « Eugène, le premier des Lapie, est arrivé à Granville en 1725. Il a été de ceux qui se sont fait enrôler pour Terre-Neuve. » Plus de morue, mais des seiches et, surtout, des moules de bouchot de Normandie : « En plein été, en un samedi matin, j’en passe dans les 350 kg, contre 150 en hiver. » À 20 € les 5 kg, ce serait en effet dommage de s’en priver, encore que… l’on puisse aussi craquer sur les étals voisins.
Trois kilos de Saint-Jacques préparées pour 18 €, de l’aile de raie pelée à 9,90 € le kilo, des praires à 7,05 €, des calamars à 10 €, de l’araignée à 4,70 €, des coques bio de Chausey à 6,50 €, des huîtres bio n° 3 de Chausey à 7,50 € la douzaine… Et du bouquet on ne peut plus frétillant : une « pêche de la côte » tout juste tirée du chalutier, cette criée de rue étant la prometteuse introduction d’un marché couvert qui, juste en face, tient de la merveille.
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