L’émigration percheronne en Nouvelle-France
et les Muséales de Tourouvre
Au XVIIe siècle, plusieurs centaines de Percherons quittent leur province natale et bravent l’inconnu pour gagner la Nouvelle-France, avec l’espoir d’une vie meilleure. Le musée de l’Émigration française au Canada, à Tourouvre, retrace leur épopée extraordinaire et nous replonge aux premières heures de l’implantation d’une colonie française en Amérique du Nord.
Vitrail commémorant le départ de Julien Mercier, émigrant originaire de Tourouvre, pour la Nouvelle-France en 1647. Église de Tourouvre, 1891. (© M. Ganivett)
Le 8 mai 1532, François Ier est en pèlerinage au mont Saint-Michel. Avec l’abbé Le Veneur, il évoque le « Nouveau Monde ». Le continent américain est encore en grande partie terra incognita (« une terre inconnue »). Le souverain est à la recherche d’un navigateur pour poursuivre la quête d’un passage par le nord-ouest qui permettrait de rejoindre l’Inde et la Chine. L’abbé connaît justement un marin de Saint-Malo qui a l’âme d’un explorateur, un certain Jacques Cartier, et il le présente au roi. Leur rencontre est le point de départ de la colonisation française de l’Amérique du Nord.
L’exploration du Canada
Entre 1534 et 1542, Jacques Cartier explore le golfe du Saint-Laurent et remonte le fleuve dans l’espoir de trouver de l’or et ce fameux passage par le nord-ouest. Il ne trouve ni l’un ni l’autre, mais prend possession des terres qu’il découvre au nom du roi de France.
Tout au long du XVIe siècle, nombre de pêcheurs normands s’aventurent dans l’Atlantique Nord, près de Terre-Neuve, pour pêcher la morue. Ils construisent sur les côtes des petites cabanes pour le salage des poissons. Certains se lancent dans le commerce des fourrures, à l’instar de Pierre Chauvin, un marin dieppois. Il obtient le monopole du commerce des peaux en contrepartie de l’installation d’un embryon de colonie au Canada. En 1600, il fonde à l’embouchure du Saint-Laurent le petit village de Tadoussac, première implantation française en Amérique du Nord.
Samuel de Champlain poursuit l’exploration des côtes canadiennes et remonte le fleuve Saint-Laurent. Il fonde Port-Royal en Acadie en 1605, puis Québec sur les rives laurentines en 1608. Cette Nouvelle-France qui émerge à l’autre bout du monde apparaît alors à certains comme la promesse d’une nouvelle vie.
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