Bill Millin est immortel
La légende du piper du D-Day
La disparition de Bill Millin, le 18 août 2010 dans le Devon, marque la fin d’une vie entrée dans la légende. Sonneur de cornemuse de Lord Lovat, il fut l’un des visages les plus singuliers du Débarquement de Normandie. Le 6 juin 1944, sur Sword Beach puis jusqu’à Pegasus Bridge, il avance sous le feu ennemi en jouant de la cornemuse, donnant naissance à la figure du « Mad Piper ». Entre destin personnel, traditions écossaises et mémoire du Débarquement, son parcours incarne l’une des pages les plus saisissantes de l’épopée alliée.
Bill Millin jouant en 1994 à l’endroit où il a débarqué. L’un des personnages de légende du 6 juin 1944 vient de s’éteindre le 18 août à Dawlish, dans le Devon. C’était notre ami. (© Georges Bernage)
Âgé de 88 ans, il était né le 14 juillet 1922 (le « Bastille Day » comme il aimait à le rappeler) à Regina dans le Saskatchewan où son père, John Millin, était membre de la Police montée du Canada. Bill ou plutôt William Mac Millin – tel était son nom entier – était de bonne souche écossaise. Ses parents étaient nés à Inverness, dans le Highland, près du célèbre Loch Ness, de Fort William et du Ben Nevis. Ils étaient membres du clan McMillin, rattaché au clan Cameron dont le chef, en 1944, était Donald Cameron of Lochill. Il est ainsi rattaché à ce clan au sein duquel plusieurs de ses aïeux se sont illustrés. Ainsi, le grand-père de Bill, Vincent Millin, a participé à la guerre contre les Zoulous, en Afrique du Sud. Deux frères de sa mère ont appartenu au Cameron Highlander Regiment, l’un tué en Afrique du Sud, l’autre blessé lors de la guerre des Boers. Son oncle a été tué lors de la Première Guerre mondiale au sein de la Highland Light Infantry of Canada.
Mais ses parents reviennent en Écosse alors qu’il n’a que douze ans ; son père prend la direction d’une usine à Glasgow. Là, le jeune Bill commence sa carrière de piper (sonneur de cornemuse). Il devient membre du Glasgow police pipe band et, à quatorze ans, il fait sa première prestation avec son bagpipe, sa cornemuse. Il poursuit toutefois ses études à l’issue desquelles il s’engage comme piper dans le Highland Light Infantry Band. À cette époque, Lord Lovat le remarque.
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°75 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
