PATRIMOINE NORMAND

Le vrai visage de Guillaume le Conquérant ?

Sait-on que le véritable visage de Guillaume le Conquérant aurait été saisi en 1522, lors de l’ouverture de son tombeau ? Exhumé à l’Abbaye aux Hommes, son corps encore remarquablement conservé aurait permis à un peintre d’en fixer les traits. Entre copies, disparitions et redécouverte récente, ce portrait singulier, au parcours mouvementé, pourrait bien nous livrer l’image la plus fidèle du duc-roi.

Guillaume le Conquérant, huile sur toile, anonyme anglais, copie réalisée au XIXe siècle d’un original réalisé au XVIe ou au XVIIe siècle. Il est vêtu à la mode de ce temps. Il appartenait au baron Guérin-Séguier, au logis de Bretosse, près de Falaise et se trouve toujours dans la collection de ses descendants. (© Patrimoine Normand)

Guillaume le Conquérant, huile sur toile, anonyme anglais, copie réalisée au XIXe siècle d’un original réalisé au XVIe ou au XVIIe siècle. Il est vêtu à la mode de ce temps. Cette œuvre, autrefois conservée par le baron Guérin-Séguier au logis de Bretosse près de Falaise, appartient toujours à ses descendants. Elle est présentée au musée de Normandie jusqu’au 31 décembre 2008. (© Patrimoine Normand)

Mis à jour le 7 avril 2026 à 22:53 Par
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En 1522, à l’Abbaye-aux-Hommes, Saint-Étienne de Caen, notre duc-roi Guillaume le Conquérant est exhumé de son tombeau dans le chœur de l’abbatiale. Mais il avait sommairement été momifié après son décès pour que son corps puisse être ramené à Caen. Celui-ci était encore dans son linceul. Ainsi, lorsque le tombeau est ouvert, il apparaît assez bien conservé. Mais, sorti de sa sépulture bien close ce corps va être rapidement putréfié. Monsieur de Bras est présent lors de cette exhumation et, devant la majesté conservée de notre duc-roi, il est conscient de l’importance historique de ces instants d’exception et il fait aussiôt quérir un peintre local sis en la Place Saint-Sauveur toute proche. Ce­lui-ci réalise alors un « instantané » de notre duc-roi sur un grand morceau de bois ; le portrait est fixé pour l’éternité mais il suivra des chemins insolites…

Lors du sacage de l’abbatiale par les Huguenots en 1566 ce morceau de bois disparaît. Cependant on le retrouvera, constituant la table d’un gardien d’une tour du château de Caen. Malgré ses tribulations, ce panneau, qui a fixé les traits du Conquérant extrait de son sépulcre, a servi à établir dès le XVIe siècle des portraits très probables de notre duc-roi. Ainsi, la National Portrait Gallery de Londres possède un portrait issu d’une copie du dessin qui a été fait au moment de l’ouverture du tombeau. Une autre se trouve à l’abbaye de Battle dans le Sussex. Mais, d’autres portraits ont alors été réalisés, puis copiés à partir de ceux-ci. Le chemin de piste de ces portraits nous ramène principalement vers l’Angleterre où le Conquérant est plus roi que duc, d’où l’intérêt porté à ceux-ci…

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