PATRIMOINE NORMAND

Demeures et châteaux en Normandie au XIe siècle

On connaît assez bien les édifices religieux normands du XIsiècle mais on connaît moins bien le cadre de vie des Normands à l’époque de Guillaume le Conquérant, pourtant les connaissances sur ce sujet sont de plus en plus précises.

Représentations sur la tapisserie de Bayeux.

À gauche : La Tapisserie de Bayeux nous montre divers détails fort intéressants de l’architecture normande castrale et palatiale, vers les années 1070. Nous voyons ici la façade d’un palais en pierre avec une grande porte romane flanquée probablement de deux arcatures aveugles plus basses mais de même style : le tout est rythmé par des colonnettes et des chapiteaux. La toiture semble être de tuiles vernissées bicolores ou est-ce une convention pour représenter des tuiles ou des bardeaux de bois. À droite : Ce château est entouré d’une enceinte en pierre avec des tours en bois et protégeant une motte surmontée d’une tour ou d’un logis. (© Avec l’aimable autorisation de la ville de Bayeux)

Mis à jour le 22 avril 2026 à 12:10 Par
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Le XIe siècle, à l’exception des édifices religieux, est généralement associé aux bois. En fait, pour le premier siècle du duché de Normandie, le Xe, les deux édifices dont nous ayons conservé des vestiges, sont en pierre. Il s’agit de l’église « carolingienne » du Mont Saint-Michel, Notre-Dame-sous-Terre, et du Château d’Ivry-la-Bataille.

Il faut tout d’abord avoir à l’esprit que la France actuelle, à l’époque carolingienne, est très peu peuplée. Sa surface totale n’est habitée que par la population actuelle de la seule Normandie, soit deux à trois millions d’habitants environ. Le territoire de la future Normandie est faiblement habité. De vastes secteurs étaient encore couverts de forêts. Ceci explique d’ailleurs l’importance des ap­ports scandinaves en Normandie. Les vagues arrivées suc­cessivement, principalement des Danois ou des Anglo-Danois venus du Danelaw (nord-est de l’Angleterre) avec des contingents de Norvégiens et d’Iro-Norvégiens venus d’Irlande (arrivés dans le Nord Cotentin), représentaient à chaque fois quelques centaines d’individus soit au total plusieurs milliers au milieu d’une population locale très clairsemée.

Photo de la façade ouest de la tour-résidence du château d'Ivry-la-Bataille.

La façade ouest de la tour-résidence du château d’Ivry-la-Bataille. Elle est rythmée par quatre contreforts plats. L’appareil est en arête de poisson. Elle est percée de trois fenêtres étroites. (Photo Erik Groult © Patrimoine Normand)

Les raids vikings ont causé de graves dégâts mais, depuis l’époque gallo-romaine, l’architecture de pierre reste présente, à l’état de ruines ou d’édifices conservés. C’est ainsi que plusieurs anciennes cités, devenues épiscopales, sont encore protégées derrière leurs enceintes romaines. C’est le cas des villes de Ba­yeux et d’Évreux. Mais, rapidement, l’autorité des nouveaux ducs de Normandie, tout au cours du Xe siècle, permet le rétablissement de la paix. L’ap­port scandinave a renforcé la démographie, l’ordre rétabli permet l’essor économique con­forté par les échanges actifs avec l’Europe du Nord. Jusqu’au début du XIe siècle, Rouen est un port où les Scandinaves viennent commercer. Tout ce dynamisme permet de reconstruire et on n’a pas oublié les techniques gallo-romaines. Les bâtiments de pierre sont rares car la population avait été peu importante et la construction de pierre coûte cher ; elle est réservée aux puissants. C’est l’essor économique de la jeune Normandie qui va permettre cette architecture normande, qui sera réputée, à la fin du XIe siècle, sur les deux rives de la Manche.

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