Patrimoine Normand

La Chanson de Roland et la Tapisserie de Bayeux : étranges similitudes

Rapprocher la Chanson de Roland de la Tapisserie de Bayeux est à première vue une démarche singulière ? À y regarder de près, finalement beaucoup de choses !

Comme le cerf s’en va devant les chiens, devant Roland s’enfuient donc les païens. L’archevêque dit : « Vous faites bien. De telle valeur doit être un chevalier qui armes porte sur un cheval monté. » (vers 1874-1878). Chapiteau du prieuré de Goult (Lande-de-Goult – 61). (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Comme le cerf s’en va devant les chiens, devant Roland s’enfuient donc les païens. L’archevêque dit : « Vous faites bien. De telle valeur doit être un chevalier qui armes porte sur un cheval monté. » (vers 1874-1878). Chapiteau du prieuré de Goult (Lande-de-Goult 61). (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 2 mai 2026 à 12:37 Par
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L’une, écrite, est une chanson de geste, en d’autres termes un poème dont le sujet est historique, et le héros un grand personnage qui évolue dans une narration fortement teintée de légende. L’autre est une toile de lin écru brodée de fils de laine, d’une cinquantaine de centimètres de haut, et longue de quelque 70 mètres dans son état actuel, sur laquelle est racontée une histoire : nous sommes ici en présence d’une œuvre narrative.

Voici déjà un point commun : ces deux témoins de l’art médiéval nous livrent l’un et l’autre une histoire. C’est bien évidemment le propre des poèmes épiques. On connaît ceux de la geste arthurienne1. Dans la Chanson de Roland, l’empereur Charlemagne soutient la comparaison avec le roi Arthur. Tous deux ont existé (Arthur régnait sur un petit royaume anglais aux Ve et VIe siècles). De même, tous deux ont servi de support à l’imagination des poètes.

Odon de Bayeux, « dompteur de Saxons depuis 1066 ». (Avec l’autorisation spéciale de la ville de Bayeux)

Tapisserie de Bayeux scène 54. Odon de Conteville, l’évêque de Bayeux, n’hésite pas à manier la massue. (© Ville de Bayeux)

Le poème épique connu sous le nom de Chanson de Roland compte 4 002 vers décasyllabiques assonancés sur 288 laisses (ou strophes). L’exemplaire le plus complet (et aussi le plus ancien), celui qui fait référence aujourd’hui, est le manuscrit découvert à Oxford au XIXe siècle. On le baptise alors Chanson de Roland, et ce nom lui est resté. C’est assurément dommage, car le véritable héros de la geste, celui par qui commence et s’achève le poème, est sans contexte l’empereur d’Oc­cident, et la Chanson de Charlemagne eût été un titre plus judicieux, étant bien entendu que le mot chanson n’im­plique pas au Moyen Âge d’être dit en musique, mais qu’il est synonyme de poème.

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Notes

  1. Lire Patrimoine Normand nos 33 et 35. Le cycle arthurien de Chrétien de Troyes.
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