Patrimoine Normand

Jardin des plantes de Rouen :

trois siècles d’âge, et des roses normandes

Rosier de Normandie, Claude Monet, Triomphe de Caen, Étendard de Jeanne d’Arc, Guy de Maupassant, Robert le Diable, Thérèse de Lisieux, Jardin de Giverny, Rêve de Deauville, Triomphe d’Alençon, Orderic Vital… Autant de noms qui évoquent immanquablement la Normandie. Tous ces rosiers figurent, parmi des dizaines d’autres, au Jardin des plantes de Rouen, créé en France parmi les premiers du genre, dont l’un des multiple mérites est de rassembler les roses créées en Normandie, ou dont le nom rappelle l’ancien duché de Guillaume le Conquérant, soit à ce jour quelque 110 variétés.

Jardin des plantes de Rouen. Vue sur la grande serre.

Jardin des plantes de Rouen. Vue sur la grande serre. (Photo Jardin des plantes de Rouen © Ville de Rouen)

Mis à jour le 15 mai 2026 à 09:36 Par
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Un jardin public

Au commencement était le chaos… ou presque. Une zone sablonneuse, réputée inculte, aux portes de Rouen, non loin de Sotteville. Un terrain appartenant à la communauté des Religieuses Emmurées, dont Louis de Carel, « président en la Cour des Aydes », se rend propriétaire en 1691 « pour en faire quelque chose »… Pari tenu : il enclôt son nouveau domaine, y construit un pavillon double — qui sert aujourd’hui de lieu de conférences et d’expositions —, plante des arbres en avenues rectilignes, creuse des bassins avec jets d’eau et acclimate des agrumes : citronniers et orangers. Surtout, il n’entend pas jouir de son œuvre en égoïste ; certains jours, il autorise les visites. La première version du jardin public de Rouen vient de voir le jour.

Le bienfaiteur rend l’âme en 1717. Ses héritiers vendent la propriété deux ans plus tard à John Law, le célèbre banquier écossais, inventeur du billet de banque, qui parviendra l’année suivante à accéder à la fonction de contrôleur général des finances du royaume de France, une sorte de ministre du Budget avant l’heure. Il utilise essentiellement son domaine rouennais comme rendez-vous de chasse, ce qui en dit long sur le degré d’urbanisation de ce qui n’est pas encore l’agglomération rouennaise.

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