Le village viking
Bien avant que la reconstitution historique ne devienne populaire, des passionnés scandinaves et britanniques avaient entrepris de faire revivre le quotidien des Vikings à travers l’archéologie expérimentale et les villages historiques. Inspirés par ces initiatives, plusieurs groupes normands se sont engagés à leur tour dans cette démarche pédagogique. Avec ses campements, ses artisans, ses démonstrations et ses spectacles, une association normande contribue ainsi à faire redécouvrir au public l’héritage nordique de la Normandie tout en renouant avec une part essentielle de son histoire.
Le village viking. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Depuis plus de trente ans, les Danois ont développé les villages archéologiques. Il y avait alors le « village de l’âge du fer » de Lejre où on se retrouvait transporté il y a plus de 1 500 ans. Les archéologues reconstituaient des maisons de cette époque puis les brûlaient pour voir si le résultat était semblable à ce qu’ils avaient trouvé ou confirmant ce qu’ils avaient conclu de la structure des toitures…
Il y eut au Danemark mais aussi en Angleterre, suite aux fouilles de York/Jorvik (qui susciteront un engouement très important outre-Manche), des « compagnies vikings » qui se constituèrent. Leurs membres reconstituaient des costumes et des objets de l’époque viking, faisant connaître cette période de leur histoire par des spectacles mais aussi par des actions pédagogiques d’histoire et d’archéologie vivante, action particulièrement forte au Danemark où, comme nous l’avons vu, l’archéologie est mise à la portée d’un large public.
En Normandie, la revue Heimdal avait fait connaître ces démarches, publiant, entre autres, des articles sur York/Jorvik. Jean-Charles Noël, un Cotentinais passionné par la Normandie, avait commencé par donner des prénoms scandinaves à ses enfants : Norman et Sunilda. Puis, à l’image des pays scandinaves et de l’Angleterre, des « compagnies » se constituèrent en Normandie : « Ragnarök » et « Hague-Dick » ; elles se sont orientés sur les spectacles son et lumière et se produisent d’ailleurs cet été. Jean-Charles Noël était plus tenté par la démarche pédagogique et créa ainsi une troisième compagnie : Hagi-Diki. Installée en Cotentin, elle a suscité au Havre, en pays de Caux, une compagnie associée. Il va bientôt se rapprocher d’un Anglo-Normand de Montebourg, Christopher, qui, avec sa compagnie Vagaviggrud, entretient des contacts réguliers avec l’Angleterre. Ainsi, en 1995, Hagi-Diki est présent à l’assemblé normande de Réville puis à Sainte-Croix-Hague où, avec le soutien de la municipalité, trois compagnies anglaises participent aussi au « village viking ».
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°10 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.