Quel charabia !
Quand le normand peut être volontairement incompréhensible…
Peut-on utiliser les caractéristiques de son propre langage pour se moquer des gens qui le comprennent mal ? Pour les Normands, cela ne pose aucun problème, et plusieurs blagues ont ainsi circulé.
Normandiana ou anecdotes, traits caractéristiques, bons mots, réparties ingénieuses et naïves des habitans de la Normandie, 1817, Paris, Vauquelin.
L’usage du patois normand, et parfois l’accent normand lui-même, ont été souvent moqués. En 1855, une institutrice écrivait : « Le langage du Normand ne répond pas à l’élégance et à la netteté de son habitation. […] La prononciation normande est lourde, traînante et très fortement accentuée. » Selon elle, il faudrait corriger cela. Parallèlement, durant tout le XIXe siècle, le patoisant a été l’archétype du paysan mal dégrossi, objet dans la presse nationale de caricatures, comme celles qui illustrent cet article.
Mais les Normands ont su en retour se moquer des étrangers, en utilisant leur langage et en veillant à le rendre insultant ou volontairement incompréhensible. Quelques plaisanteries ont ainsi longtemps circulé.
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