Histoire du festival du Cinéma américain de Deauville

Août 1995, l’été s’achève et Deauville est animée d’une intense activité, on flâne dans les rues ou sur les planches, les terrasses des cafés sont bondées. La saison hippique bat son plein mais la fin du mois va ramener les estivants vers Paris ou d’autres cieux. Au cœur de la côte normande, Deauville, étincelant de tous ces feux, risquait de tomber dans la torpeur mais le mois de septembre arrive ensuite et elle brillera d’un éclat encore plus grand avec un événement de portée internationale, le 21e festival du Cinéma américain. Anne d’Ornano, Maire de Deauville, qui l’âme de ce festival en a confié l’histoire au rédacteur en chef, Laurent Corbin.

Anne d'Ornano dans son bureau à la mairie de Deauville et Laurent Corbin, rédacteur en chef du magazine Patrimoine Normand.

Anne d’Ornano dans son bureau à la mairie de Deauville et Laurent Corbin, rédacteur en chef du magazine Patrimoine Normand. (Photo Eric Bruneval © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 12 juin 2026 à 12:29

Festival de Deauville, 20 ans de souvenirs

Le festival avait été proposé à mon mari — qui était alors maire de Deauville — à une époque où nous cherchions la possibilité d’allonger la saison. Dans les années soixante-dix, la saison à Deauville durait vraiment un mois. Juillet était correct mais le temps fort était août avec la saison des courses. Et, le jour du Grand Prix, le dernier dimanche d’août, le grand chic était de venir aux courses avec ses valises dans la voitures et de partir directement du champ de courses en direction de Biarritz où la saison se continuait pendant la première semaine de septembre. Ainsi, mon mari cherchait une animation qui soit totalement en dehors des chevaux, des courses, du polo, de tout ce que nous avions et qui puisse faire rester les gens quelques jours de plus, jusqu’à la rentrée des classes.

Nous n’avions pas d’idée particulière et le journaliste André Halimi, réalisateur de télévision, est venu proposer l’idée du festival du cinéma américain à mon mari. Il avait déjà fait la même offre à deux ou trois autres villes qui n’avaient pas voulu prendre le risque financier. Mon mari a alors demandé l’avis du conseil municipal qui a donné son accord. Mais il n’avait pas le temps de s’en charger car il était ministre et c’était trop pour lui. Pour ma part, j’avais été élevée aux États-Unis et je connaissais bien ce pays, je suis très américaine d’éducation, de formation. Il m’a confié le dossier. Et je ne suis pas sûre que ce festival soit devenu ce qu’il est devenu si je n’avais pas eu mes attaches américaines.

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