Chasse à courre
tradition normande
Longtemps associée aux grandes forêts normandes et aux traditions aristocratiques, la chasse à courre occupe une place particulière dans l’histoire régionale. Aujourd’hui largement contestée, cette pratique ancienne témoigne d’un univers codifié où se mêlent rites, culture équestre et usages hérités de plusieurs siècles.
L’Équipage Bardin – Illustration tirée de l’ouvrage La Vénerie française contemporaine (1914) – Le Goupy (Paris).
Au pied de l’autel orné de fougère, tapissé de feuilles mortes, de ses grands yeux de verre le dix-cors scrute la nef vide de la petite église de Maucomble. Du trophée émane un singulier mélange de sérénité et de mâle arrogance. Une croix métallique se dresse entre ses andouillers, telle qu’elle dut apparaître à Hubert le jour de sa conversion. Christianisme et paganisme se visitent mutuellement. Sous la forme d’un cerf, le Créateur s’incarne en sa création. L’hommage impie du chasseur à son gibier devient celui que rend l’Homme à l’Éternel.
Le Rallye Roumare a célébré ses cent ans d’existence en juin 1988. Lors de sa naissance, l’Equipage Bardin – du nom de son fondateur – était d’abord un vautrait : il chassait le sanglier aux portes de Rouen, dans la forêt où, dit-on, le duc Rollon avait exposé ses bracelets d’or aux branches d’un arbre pour éprouver l’honnêteté de ses sujets. La devise l’équipage : Sanglier, prends garde ! et le dessin de sanglier qui orne les boutons de sa tenue témoignent de ces premiers pas.
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