Boutique

Boutique Dernier numéro Anciens numéros Hors-séries Livres Abonnement

S’abonner

Recevoir Patrimoine Normand

Recevoir le magazine et soutenir une revue patrimoniale indépendante.

S’abonner →

La Couture-Boussey,

une longue tradition musicale

Un village, c’est une histoire, un patrimoine, une mémoire… À La Couture-Boussey, au sud-est de l’Eure, l’identité villageoise s’exprime aussi en musique… Si les notes s’envolent, un riche petit musée relate la passionnante histoire de la fabrication d’instruments à vent et de son savoir-faire d’excellence…

Vitrines du Musée des instruments à vent de La Couture-Boussey.

Vitrines du Musée des instruments à vent de La Couture-Boussey. (© Musée des instruments à vent / Thierry Bouffiès)

Mis à jour le 2 juillet 2026 à 20:50 Par
Partager :

Un village au diapason

Surprenant par son ampleur et son rayonnement, le développement de la fabrication d’instruments à vent est d’abord favorisé par la disponibilité d’une ressource naturelle précieuse, le buis, exploitée dans un premier temps pour fabriquer des robinets de tonneaux. Pratiquée en hiver, lorsque le travail de la terre est moins prenant, cette activité d’appoint s’interrompt brusquement au XVIIe siècle, en raison d’une épidémie frappant le vignoble. Elle pose néanmoins les bases d’un savoir-faire précieux, le tournage du bois… La proximité du château d’Anet et de sa cour brillante et cultivée joue aussi sans doute un rôle important.

L’influence d’une grande famille d’instrumentistes et de musiciens, les Hotteterre, est surtout déterminante. Jacques Martin Hotteterre (1673-1763), dit « Le Romain », hautbois de la Grande Écurie à Versailles et flûte de la chambre du Roi, est même l’auteur d’un traité d’apprentissage de la flûte. Dans son recueil de quarante préludes, il offre un exercice de style aux novices d’hier et d’aujourd’hui.

Les Hotteterre encouragent sur leurs terres du pays couturiot, la fabrication de flûtes, à l’aide du buis local ; un bois dense et résistant, qui favorise la circulation de l’air. Avec l’expérience acquise grâce à la tonnellerie, les conditions sont réunies pour produire vite et bien, et assimiler les nouvelles techniques. Les habitants du village et des communes voisines assument parfois la double fonction de paysans-ouvriers, sous l’égide de facteurs d’instruments luthiers. Cette période féconde est marquée par des innovations, comme l’ajout de clés pour augmenter le nombre de notes ou tessiture des instruments et accompagner le développement de la musique baroque et de ses nouveaux instruments. Parmi eux, la clarinette, une flûte traversière améliorée, ou le cor anglais replié sur lui-même.

Il vous reste 87 % de l’article à lire.

Retrouvez cet article dans son intégralité

Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°138. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS