Quand un Roi trépasse
L’heure des compte…
En moins de deux siècles, les Normands ont donc su créer, à partir de l’embryon de territoire concédé par Charles le Simple au Viking Rollon, un État stable et puissant. La voie politique suivie dès l’origine a été celle de l’assimilation au monde franc et l’on peut considérer qu’à compter des principats de Richard III et de Robert le Libéral, les ducs de Normandie ne sont plus regardés comme des greffons étrangers par les autres potentats du royaume.
Église Saint-Gervais de Rouen, emplacement où mourut Guillaume le Conquérant. Au-dessous subsiste une crypte très ancienne. (© Rodolphe Corbin) ; Carte des possessions de Guillaume le Conquérant en 1087. (© DAO Patrimoine Normand)
Le dynamisme démographique de ces Normands, mêlé à leur soif inextinguible d’aventure, sans doute héritée de leurs ancêtres scandinaves, a incité nombre d’entre eux à partir à la découverte du monde méditerranéen et à s’implanter durablement en Italie du sud. Cette « autre conquête » fut accomplie par une poignée de guerriers redoutables, motivés et opportunistes ; elle ne bénéficia d’aucun appui extérieur et n’en apparaît que plus remarquable. La conquête de l’Angleterre en revanche, profita de l’ensemble des forces vives d’un domaine prospère, mais également d’une vaste coalition mobilisant les ressources de tout le nord-ouest de la France actuelle.
Portraits contrastés
À son trépas le 9 septembre 1087, Guillaume le Conquérant ne laisse pas la même image de part et d’autre de la Manche. Les Normands ne tarissent guère d’éloges à son égard, louant notamment sa valeur dans la mêlée, son respect et sa générosité envers l’Église, sa capacité à instaurer l’ordre pour le bien commun, son amour de la justice… En une quinzaine de strophes, un petit poème intitulé De obitu Willelmi (De la mort de Guillaume), sans doute composé par un contemporain, résume l’état d’esprit général en lui tressant une couronne de lauriers : « Pleurez, hommes ; lamentez-vous, nobles. Le roi n’est plus que cendres, le roi né des grands rois, le roi Guillaume, le plus ardent au combat […] Puissant et noble roi Guillaume, tes actes prouvent combien tu es digne de louanges. Il faut écrire pour témoigner devant la postérité par quelles vertus tu surpassais les autres ».
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