PATRIMOINE NORMAND

« Robert »,

prince des Normands

Alors, cette toute jeune Normandie, état viking ou état franc ? Ni l’un ni l’autre, ou les deux à la fois. Les premières années, capitales pour la survie de la principauté, vont voir le pouvoir de Rollon s’affermir et ses terres considérablement s’accroître.

Rollon est baptisé à Rouen en 912, un an après l’accord de Saint-Clair-sur-Epte. Son parrain Robert de Neustrie lui donne son prénom chrétien (© Pierre EFRATAS - Marie-Catherine NOBÉCOURT - Gilles PIVARD - Jean RENAUD - OREP Éditions).

Rollon est baptisé à Rouen en 912, un an après l’accord de Saint-Clair-sur-Epte. Son parrain Robert de Neustrie lui donne son prénom chrétien (© Pierre EFRATAS – Marie-Catherine NOBÉCOURT – Gilles PIVARD – Jean RENAUD – OREP Éditions).

Mis à jour le 5 décembre 2025 à 12:19 Par
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Premier duc de Normandie ?

C’est par abus de langage qu’on présente Rollon comme le premier duc de Normandie. Quel est son titre ? Les chroniqueurs le disent tour à tour prince, comte ou duc, voire marquis. Au sens latin, le dux (guide, chef) est un titre militaire ; au début du Xe siècle, on l’accorde par exception aux plus grands seigneurs1, mais pas à Rollon. Son parrain, Robert, reste marquis de Neustrie. Prince est un terme générique qui porte la notion de primauté : Rollon est donc princeps Northmannorum, le premier des Normands. Il charge d’appliquer ses décisions ses plus fidèles compagnons, les comites (pluriel de comes, comte), à la tête d’un pagus ou d’un comitatus, circonscriptions issues du monde romain. Puis viennent les guerriers, les milites (pluriel de miles). Le peuple constitue la plebs, les habitatores. Rollon est, lui aussi, un comes, mais le premier d’entre eux :  comes Rothomagensis. Robert, comte de Rouen et prince des Normands ! Il tient sa terre en pleine propriété et peut la transmettre en héritage. Il a aussi reçu tous les droits sur les évêchés, ce que Salomon n’avait pas obtenu de Charles le Chauve pour l’Avranchin et le Cotentin.

Sur quoi règne-t-il exactement ? Au nord et à l’est, les frontières naturelles de la Manche, la Bresle et l’Epte, sont évidentes. À l’ouest, on hésite entre la Risle, la Touques et la Dives ; celle-ci semble s’imposer, car une donation ultérieure ne fera pas mention de l’évêché de Lisieux, laissant entendre qu’il faisait déjà partie de la Normandie de 911, laquelle bute au sud contre l’Hiémois, l’Eure et l’Avre, soit grosso modo, l’ancienne région de Haute-Normandie et le pays d’Auge.

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