Avranches – Cité des Abrincates
Que l’on arrive de Caen ou de Rennes, la ville d’Avranches nous domine, les clochers de ses églises s’élevant vers le ciel, répondant à celui du Mont Saint-Michel. La ville fut implantée sur un site d’éperon et il est facile de suivre le relief en observant sur un plan le tracé des rues. Les hommes ont bien perçu l’intérêt de ce site qui surveille un lieu de passage et une ouverture sur la mer.
Les remparts, Tour de l’Arsenal. À gauche, les murs datent du XIXe siècle. Le haut (créneaux et mâchicoulis) sont récents, le bas de la tour est du XIIIe siècle. (Photo Eric Bruneval © Patrimoine Normand)
L’occupation ancienne
Cette situation de carrefour existait déjà à l’Antiquité, située au croisement de la route éventuelle de l’étain et de la route du sel. Des découvertes de poteries romaines, attachées à différents ateliers, permettent de reconstituer les divers courants commerciaux qui évolueront au cours des siècles.
Nous ne possédons aucune preuve de l’occupation de l’éperon aux périodes préhistoriques. Cependant, de nombreux témoignages archéologiques des environs montrent que la région était occupée par l’homme.
À l’Antiquité, la présence de l’homme sur l’éperon est fort plausible dès les Gaulois. Des monnaies trouvées en divers endroits de la ville (cathédrale Saint-André, place d’Estouville, rue de Drémesnil, Tertre Fouqué) laissent à penser qu’une agglomération gauloise, capitale des Abrincates, était en ce lieu, dont la topographie est celle d’un oppidum celtique. Le nom de cette agglomération n’est pas certifié, en raison de l’absence de preuves épigraphiques.
Le Jardin des Plantes constitue une visite incontournable à Avranches. Lieu de promenade agréable, il réunit en outre de nombreuses espèces de plantes et d’arbres anciens. Ce jardin fut créé à la place d’un couvent de Capucins disparu à la Révolution, pour les élèves de l’École Centrale. A ne pas manquer, surtout par temps dégagé, le point de vue d’où l’on peut admirer le Mont Saint-Michel, et la côte, si l’on a de la chance, jusqu’à la pointe de Candale. (Photo Eric Bruneval © Patrimoine Normand)
La ville romaine, Legedia, est, elle, créée peu avant notre ère, sur une superficie de quinze hectares, qui ont soigneusement été nivelés par l’apport de matériaux. L’espace préparé est à l’écart de l’éperon. Des arpenteurs ont découpé le site de manière orthogonale, établissant la position des rues et des différents édifices publics, le tout orienté sur les points cardinaux. Certaines de ces rues ont été retrouvées sous les rues actuelles, mais une grande partie d’entre elles est ailleurs.
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