Patrimoine Normand

Guillaume le Conquérant – Duc de Normandie et roi d’Angleterre !

Parce qu’elles sont terriblement évocatrices, certaines formules ont la vie dure. Ainsi en va-t-il de la célèbre citation de Guillaume de Poitiers : « Le duc soumit toute les villes d’Angleterre en un jour seulement, entre neuf heures du matin et le soir ». Elle trouve encore un écho favorable chez certains historiens, même parmi les plus éminents. Or, les faits tempèrent l’enthousiasme du chroniqueur-panégyriste ducal. Pour essentielle et symbolique qu’elle fût, la bataille de Hastings n’était que la première étape d’un long parcours vers le pouvoir.

Guillaume sur le trône d’Angleterre.

Guillaume sur le trône d’Angleterre. (Musée de la Tapisserie, Bayeux)

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Ce n’est pas que Guillaume lui-même n’y ait cru ! Après sa victoire, il fait enterrer le corps de Harold sur le littoral, en haut de la falaise, et élever un amoncellement de pierres, c’est-à-dire un montjoie, sur Caldbec Hill, là où s’élèvera l’abbaye. Il consolide son campement, réorganise ses troupes, en reçoit d’autres du continent, seconde vague normande après celle des combattants de Senlac, et attend la soumission de l’Angleterre. Or, six jours s’écoulent et personne ne vient à lui. Nul thegn, nul prélat, nul Saxon de marque ne se jette à ses pieds pour le reconnaître comme nouveau maître du royaume sans roi. Alors, il décide de s’imposer comme tel. Et de régler ses comptes.

Sa première victime sera Romney. On se souvient qu’à l’aube du 29 septembre, deux navires de la flotte ducale avaient eu le malheur de dévier à l’est pour aborder sur les rives de ce bourg aujourd’hui situé dans les terres. Tous les occupants des nefs avaient été massacrés.
Guillaume vise Londres. Il nomme Guillaume Malet à la tête d’une garnison chargée de tenir le château de Hastings et se dirige vers le Kent, par la meilleure route qui existe alors pour acheminer son armée vers la capitale. Il longe la côte et se fait accompagner d’une partie de sa flotte qui agit en protection, car les Saxons pourraient dépêcher contre lui leurs ba­teaux.

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