Lucie Delarue-Mardrus – Touche-à-tout de génie
Lucie Delarue-Mardrus. 1874-1945. (© Guillaume Néel)
Quelle artiste aux multiples talents que cette honfleuraise de naissance. Pensez ! Elle s’exerça avec bonheur à la poésie, au roman, au théâtre, au journalisme, mais aussi au dessin, à la sculpture, à la musique… Et elle jouait fort bien aux échecs ! Lucie Delarue épouse en 1900 Joseph-Charles Mardrus (1868-1949), éminent orientaliste en son temps, célèbre pour sa traduction des Mille et une nuits. Pour la petite histoire, elle l’a quand même échappé belle : son père a refusé auparavant la demande en mariage d’un certain Philippe Pétain. Et reconnaissons que Delarue-Mardrus, ça sonne mieux que Delarue-Pétain… L’union avec Joseph-Charles s’achève en 1915 : Monsieur est peut-être lassé de la paire de cornes qui, paraît-il, décore trop ostensiblement son front. C’est qu’elle est libre, notre Lucie, et qu’elle a un goût prononcé pour les jeunes femmes. Une auteure attachante qui traversa la Belle Époque et les Années folles, aujourd’hui quelque peu oubliée. Elle décède dans le plus complet dénuement à Château-Gontier (Mayenne), loin de cette baie de Seine qu’elle appréciait tant :
« J’aime toujours revoir l’estuaire, ses eaux
Hybrides où la mer au fleuve se mélange. »
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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°95. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
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