Découverte d’un tombeau « princier » du Bronze ancien à Giberville
Fouille d’une sépulture de l’âge du Bronze, à Giberville. (© E. Ghesquiere, Inrap)
L’archéologie normande connaît depuis une vingtaine d’années des avancées considérables, en particulier pour les périodes les plus reculées de la préhistoire et de la protohistoire. Ces résultats sont pour une grande majorité à mettre au crédit de l’archéologie dite préventive, qui intervient avant chaque destruction du sous-sol en lien avec de futurs aménagements : routes, lotissements, espaces économiques, etc.
Le poignard de la tombe de Giberville après nettoyage. Il ne reste plus que la lame et les rivets qui maintenaient une poignée en matériau périssable. (© cliché B. Bell)
Les fouilles préventives menées par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) depuis trois ans, aux limites de Colombelles et de Giberville par C.C. Besnard-Vauterin, D. Flotté, E. Ghesquière, C. Nicolas et S. Pillault, ont livré de nombreux témoins protohistoriques (enclos, parcellaires), dont un ensemble d’enclos funéraires et de tombes de l’âge du Bronze ancien (2000 à 1700 avant notre ère). Parmi ces sépultures, un caveau a révélé un viatique, typique des sépultures « princières » du Bronze ancien de Basse-Bretagne. Cette fosse de grandes dimensions (3,7×2,1 m) a livré un poignard en bronze de type armoricain, un lot de 14 pointes armoricaines en silex, des fragments d’ambre et les vestiges très mal conservés d’un squelette. Les armatures ogivales aux ailerons longs évoquent en tout point les productions bas-bretonnes par leur style et leur manufacture, mais semblent différer par leur silex. Si cette découverte de Giberville est exceptionnelle, elle n’est pas inédite. Déjà à l’intérieur des terres, une tombe à pointes de flèches a été mise au jour anciennement à Loucé (Orne), tandis que sur les côtes du Bessin le tumulus de Longues-sur-Mer (Calvados) contenait plusieurs poignards et haches en bronze. Une dernière tombe de ce type a par ailleurs été étudiée à Cagny (Calvados) en 2019. Ces ensembles suggèrent l’existence de sociétés fortement hiérarchisées le long de la vallée de l’Orne, tout comme dans le nord du Cotentin, pleinement intégrées aux réseaux d’échange transmanche dès le Bronze ancien.
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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°120. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
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