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L’imagerie scientifique au chevet du patrimoine

Révéler l’invisible

Au Labo de la Fabrique de patrimoines en Normandie, le travail d’imagerie scientifique permet d’explorer l’invisible pour révéler les secrets de l’histoire et de la matière des biens culturels. Entre enquête policière et diagnostic médical, les données produites alimentent la recherche tout autant que les travaux de restauration et les actions de valorisation.

L'imagerie scientifique au service du patrimoine.

L’imagerie scientifique au service du patrimoine. (© La Fabrique de patrimoines en Normandie)

Mis à jour le 2 juillet 2026 à 20:59 Par
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Le Labo de la Fabrique de patrimoines en Normandie est installé dans l’ancienne école de médecine, à côté de l’Abbaye-aux-Dames, à Caen. Tout comme dans les cabinets des médecins qui y ont étudié, on y observe, diagnostique, préconise et soigne toujours. Comme ces professionnels de santé, les restauratrices qui veillent sur les biens culturels ont besoin d’images complémentaires à leurs propres observations pour comprendre l’histoire et l’état structurel des objets. Depuis trente ans, des centaines de peintures ont ainsi été confiées à cet atelier. Elles proviennent en majorité de musées normands, mais certaines sont conservées dans des églises ou viennent de collections privées. Les unes nécessitent une restauration fondamentale, les autres une étude ou encore un simple « bichonnage ». Les unes sont signées par des peintres célèbres, d’autres par des artistes à la renommée plus locale. Beaucoup sont anonymes, mais toutes font l’objet de la même attention et bénéficient des moyens d’imagerie scientifique dont dispose l’établissement. Cette documentation contribue avant tout à une meilleure conservation, mais elle est également un pilier de leur connaissance et de la recherche qui leur est associée. Ces images, parfois complexes à analyser, sont également des documents graphiques dont se saisissent les institutions patrimoniales comme outils de médiation et de valorisation des collections.

Parcourir le spectre pour explorer les matériaux

En mai 2015, une toile de 2,08 m de haut par 1,43 m de large est installée dans le studio photographique du Labo. L’Apparition de l’Enfant Jésus à saint Antoine de Padoue est une œuvre du XVIIe siècle de Francisco de Zurbarán, peintre du siècle d’or espagnol. Elle provient de l’église d’Étréham, dans le Calvados. Cette peinture a été « redécouverte » et authentifiée en 1997 puis restaurée en 2002. Pourtant, des questions subsistent quant à son histoire et à son état matériel. La toile fait presque 3 m², mais c’est dans son épaisseur, d’à peine quelques millimètres, que sont cachés les indices qui permettront une bonne compréhension de sa matérialité, de sa mise en place par l’artiste et des enjeux de sa restauration future.

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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°138. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.

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