Vire à l’heure gallo-romaine
Des thermes antiques mis au jour à Vire. (© INRAP)
Le sous-sol normand regorge de trésors encore inconnus, qui attendent patiemment d’être découverts depuis des siècles. En général, les plus belles trouvailles s’effectuent par hasard, à l’occasion d’un grand chantier, comme par exemple le tracé d’une nouvelle route ou l’implantation d’un lotissement pavillonnaire. C’est exactement ce qui vient de se produire à Vire, où des fouilles menées préventivement sur des terrains destinés à l’extension d’une zone d’activité, ont révélé la présence d’une villa gallo-romaine du Ier-IIIe siècle apr. J.-C.
À son âge d’or, il s’agissait d’un complexe implanté au cœur d’un immense domaine agricole, comprenant à la fois des bâtiments à usage professionnel et d’autres réservés à l’habitation, sans doute pour le riche propriétaire des lieux et sa famille.
Sous la responsabilité de Gérard Guillier, les archéologues ont notamment exhumé des fossés et des traces de palissades, des granges, mais aussi quelques monnaies, une tête de cheval en bronze et de précieux fragments de céramiques en provenance du sud-ouest et du centre de la France, ainsi que d’Espagne ou d’Italie. Cela démontre l’existence d’un réseau d’échanges commerciaux de grande ampleur, sur des distances considérables, avec des ramifications jusqu’en milieu rural. Cerise sur le gâteau, la mise au jour de thermes privatifs, comble du luxe, avec entre autres leur pièce réservée aux bains chauds. Il semblerait que l’ensemble ait été abandonné dans le courant du IIIe siècle, ce qui pourrait coïncider avec les premiers raids lancés sur la Gaule par des peuples germaniques.
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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°107. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
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