PATRIMOINE NORMAND

La pêche à la morue à Terre-Neuve : une véritable industrie des ports normands

La pêche à la morue dans les eaux de Terre-Neuve mobilisait, au XVIIIe siècle, une part considérable des populations maritimes françaises, bien au-delà des seuls rivages. On estime qu’environ 12 000 navires et près de 450 000 hommes y prenaient part, issus tant des régions littorales que de l’arrière-pays. Près de quatre-vingt-dix ports armaient chaque année pour cette grande pêche, parmi lesquels les ports normands occupaient une place de premier plan, en particulier Granville et Fécamp1.

Un terre-neuvier revenant des bancs. (© Collection Musée de Fécamp)

Un terre-neuvier revenant des bancs. (© Collection Musée de Fécamp)

Mis à jour le 27 mars 2026 à 14:02 Par
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La pêche à la morue à Granville et Fécamp

C’était une activité ancienne. En effet, depuis la fin du XVe siècle, chaque année, les hommes, les terre-neuvas, s’embarquaient pour huit à neuf mois sur les bateaux morutiers ou terre-neuviers. Malgré les conditions très dures, cette pêche était d’un bon rapport et entrainait le développement de l’économie locale. On connait le nom d’un armateur morutier de Fécamp en 1561 par un procès qui l’oppose à l‘abbaye. En effet, rentrant de Terre-Neuve avec un chargement de 70 000 morues, il refuse de payer les taxes à l’abbaye taxes qu’il sera finalement obligé de payer. On sait aussi qu’en 1627, dix-huit à vingt vaisseaux fécampois pêchaient sur les bancs de Terre-Neuve.

À la même époque, en 1572, Granville envoyait treize bateaux, vingt-cinq en 1687. Ce nombre ne cessera d’augmenter et Granville deviendra un grand port morutier tout au long du XVIIIe siècle, concurrençant même Saint-Malo avec cinquante-sept navires en 1786 contre cinquante-neuf pour Saint-Malo (dix-neuf pour Fécamp). Entre 1722 et 1792, ce sont 4000 morutiers granvillais avec 135 000 hommes qui se livrent à cette activité. Cette progression se réalise malgré les guerres avec l’Angleterre, qui portent quand même des coups sévères à l’armement. Des armateurs perdent des navires, détruits ou saisis et les traités successifs privent les pêcheurs de leurs lieux de pêche habituels. Mais en temps de guerre, on arme « en course » pour faire la chasse aux navires des états avec lesquels on est en guerre. Grande pêche et guerre de course, sont intimement liées dans l’économie de la ville, organisées par les mêmes armateurs, pratiquées par les même navires dont l’équipement est renforcé en canons et munitions, avec les mêmes hommes.

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