PATRIMOINE NORMAND

La Pointe d’Agon

Le monument Fernand Lechanteur

Espace naturel préservé du littoral du Cotentin, la pointe d’Agon abrite un monument de pierre à l’apparence énigmatique, souvent pris pour un vestige mégalithique. Édifié en 1976 en mémoire de Fernand Lechanteur, cet alignement inspiré des sépultures scandinaves s’est progressivement fondu dans le paysage, au point d’évoquer aujourd’hui un héritage bien plus ancien.

À La pointe d’Agon, le monument Fernand Lechanteur prend des allures fantastiques à la nuit tombante.

À La pointe d’Agon, le monument Fernand Lechanteur prend des allures fantastiques à la nuit tombante. (Photo Georges Bernage © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 9 avril 2026 à 20:54 Par
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Au sud de la station re­nommée de Coutainville et à quelques lieues à l’ouest de Coutances et de sa « cathédrale de fierté », la Pointe d’Agon est un espace sauvage préservé. Les dunes sont recouvertes de cette herbe dure (l’oyat) qui est appelée ici melgreux, un terme normand qui vient directement du scandinave (on dit encore melgraes en Islande). Tout l’espace naturel de la pointe est demeuré intact, ponctué seulement par quelques éléments rappelant la présence humaine, la route, naturellement, le petit phare situé à la pointe et un étrange monument…

De nombreux touristes se posent la question, voyant cet ensemble de pierres dressées de type mé­galithique, qu’ils peuvent croire remontant au néolithique, s’il n’y avait quelques inscriptions modernes. En fait, ce monument a été édifié il y a plus de trente ans, il fut inauguré le 9 mai 1976, en mémoire de Fernand Lechanteur. Louis Beuve, écrivain et poète normand du Cotentin, décédé en 1949, avait rêvé d’un monument funéraire à l’image de ceux que les Scandinaves de la période viking avaient édifié, principalement au Danemark et dans le sud de la Suède : des alignements de pierres en forme de navire, les plus riches sépultures princières étaient des bateaux enfouis. Ces derniers étant particulièrement précieux, les alignements de pierre en étaient des substituts.

Louis Beuve, inspirateur de ce type de monument à édifier en Normandie, était décédé et le temps passa. À son tour, un grand Normand du Cotentin, Fernand Lechanteur, auteur, fondateur de l’association Parlers et traditions populaires de Normandie (PTPN) et éveilleur du renouveau des parlers normands du Cotentin, décéda en 1971. L’abbé Marcel Lelégard, célèbre pour les restaurations qu’il effectua du château de Pirou et de l’abbaye de Lucerne, mais aussi défenseur ardent de la Normandie, eut l’idée, avec quelques-uns de ses amis, d’édifier un monument à la mémoire de Fernand Lechanteur, comme celui dont Louis Beuve avait rêvé.

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