PATRIMOINE NORMAND

Les bains de mer au Havre

Longtemps considérés comme un remède, les bains de mer s’inscrivent d’abord dans une pratique médicale rigoureusement encadrée. Du XVIIIe siècle aux débuts du XIXe, médecins et autorités en fixent les usages, entre prescriptions, précautions et règles de décence. Au Havre, cette pratique évolue peu à peu, sous influence anglaise puis aristocratique, avant de devenir, au fil du siècle, un loisir largement partagé sur le littoral.

Bains de mer de Frascati, établissement balnéaire au Havre, lithographie vers 1850. (Coll. Philippe Valletoux)

Bains de mer de Frascati, établissement balnéaire au Havre, lithographie vers 1850. (Coll. Philippe Valletoux)

Mis à jour le 14 avril 2026 à 13:05 Par
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Histoires d’eaux

À l’époque antique, les bains étaient déjà connus pour leurs valeurs curatives, et l’on cite le cas de l’empereur Auguste, guéri d’une « catarrhe » par des bains de mer. Au Moyen Âge, on prête aux bains de mer des vertus miraculeuses mais la Renaissance, en réaction, exalte la nudité et bannit l’usage des étuves et des bains publics, les accusant de propager les épidémies et de favoriser l’imbécillité ! Pendant deux siècles, la toilette se fait sans eau, uniquement en changeant de linge…

Le bain n’a alors que des vertus médicales. Ainsi, en 1671, trois demoiselles d’honneur de la reine se font mordre par un chien et les médecins de la cour prescrivent aussitôt le bain de mer. Madame de Sévigné, dont on sait par ailleurs le talent littéraire, rapporte avec malice que les trois « malades » doivent subir la « thérapie » à Dieppe…en plein mois de mars ! Et d’ajouter, avec ironie, le cri de l’une d’elle, affectée d’un léger défaut de prononciation : « Ah ! Zézu ! L’étrange sose d’être zetée toute nue dans la mer… ». Mais l’Académie est formelle et le dictionnaire de 1718 indique au mot baigneur : « ceux qui sont mordus de chiens enragés vont se baigner à la mer ».

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