Le château de Bonneville-sur-Touques
Aux portes de Deauville, Touques fut l’un des ports les plus importants de la Normandie ducale. Dominé par le château de Bonneville, résidence des ducs puis des rois anglo-normands, le site a joué un rôle stratégique pendant plusieurs siècles. Entre forteresse médiévale, églises romanes remarquables et vestiges d’un port autrefois prospère, cette promenade invite à redécouvrir l’un des hauts lieux de l’histoire normande.
Vue aérienne du château de Bonneville, remarquable surtout par ses fossés à peu près intacts. Les tours et courtines ont perdu une bonne partie de leur hauteur sauf à l’est où subsiste la « Tour de Robert le Diable » conservée sur toute sa hauteur (12 mètres) et avec une partie de la courtine voisine. (Photo Yvonnick Guéret © Patrimoine Normand)
En amont du port de Touques (alors premier port du pays d’Auge au XIe siècle et l’un des principaux de Normandie), à l’orée de la forêt et sur une butte dominant la vallée, les ducs de Normandie ont une résidence qui sera fortifiée. Ils y séjournent pour leurs loisirs – la forêt proche leur permet de chasser facilement – mais aussi pour attendre le bateau qui va les emmener en un autre point de la côte normande et, plus tard quand ils seront aussi rois d’Angleterre, sur la côte sud de leur royaume. Guillaume le Bâtard résidera souvent au château de Bonneville et à Touques. D’après Orderic Vital, c’est à Bonneville qu’il aurait confié la régence du duché à Mathilde avant son départ pour l’Angleterre. En 1086, Guillaume le Roux, fils du Conquérant, s’embarque à Touques pour rejoindre l’Angleterre, son futur royaume, en apprenant la fin proche de son père. À cette époque, nos ducs-rois abordaient souvent à Touques quand ils revenaient d’Angleterre alors qu’ils embarquaient à Barfleur lors de leur départ pour l’Angleterre : Barfleur et Touques les deux grands ports « transmanches » à l’époque du duché de Normandie ont complètement perdu ce rôle au fil des siècles.
Guillaume le Roux, que nous venons d’évoquer, débarquera à Touques en 1099 quand il sera rappelé inopinément par la révolte des Manceaux contre son autorité. Selon Orderic Vital : « En 1112, Robert de Bellême, seigneur puissant et rusé, d’un caractère violent et cruel, après avoir exercé toutes sortes de ravages dans les contrées soumises à sa domination, prit parti pour Foulques d’Anjou et les autres ennemis de Henri Ier. Le roi le cita par trois fois devant sa justice à Bonneville : le fier seigneur refusa de comparaître ; enfin, ayant osé se présenter comme envoyé du roi de France (Louis le Gros), il demanda à être compris dans l’amnistie, comme tous ceux qui avaient pris parti contre le souverain légitime ; mais, par un jugement de la Cour du roi, rendu à Bonneville, il fut condamné, comme félon à une prison perpétuelle. »
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