Patrimoine Normand

Pierre et François Robichon de La Guérinière

Nés dans l’Orne à la fin du XVIIe siècle, Pierre et François Robichon de La Guérinière ont consacré leur existence à l’art équestre. Si le cadet acquit une renommée durable à Versailles, l’aîné inscrivit son destin en Normandie, où leur héritage commun témoigne d’une contribution majeure à l’histoire de l’équitation française.

François Robichon de La Guérinière.

François Robichon de La Guérinière. (DR)

Mis à jour le 15 juin 2026 à 10:13 Par
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Pour la plupart des Caennais, la Guérinière évoque la reconstruction des années 1950, injonction d’un quartier au sud de la ville, taillé à grands coups de règles sur un plan. Paradoxalement, ce quartier médiocre architecturalement s’est développé sur le terrain d’un homme chez qui le raffinement naturel servait à merveille sa connaissance de l’art équestre. Le nom de son frère est synonyme de dressage pour les cavaliers du monde entier. La notoriété du premier s’épanouit dans la discrétion de sa province natale. Le second connu gloire et célébrité dans la capitale. Pierre l’aîné et François le cadet, voués par essence au dieu du cheval, sont les deux visages d’une même réalité en un siècle qui porte l’équitation au firmament de la renommée. Tout comme notre satellite, l’astre Guérinière présente un saisissant contraste, une face cachée et une face visible : la ténèbre et la clarté.

De Hobereaux normands

« C’est un garçon ! »
Les sages-femmes d’empressent de baigner le nouveau-né dans la petite bassine de cuivre que les servantes tiennent prête depuis les premières douleurs. Pierre Robichon des Brosses de la Guérinière peut être satisfait : son époque vient de lui donner un héritier mâle. C’est qu’ils n’ont pas traîné, tous les deux : mariés le 2 juin de l’année dernière sous le chaud soleil de la campagne percheronne, il n’aura fallu attendre que neuf mois pour en arriver là. Difficile de faire mieux.

Il l’appellera François, du nom de son père. À 78 ans, cet officier du duc d’Orléans sera si heureux d’avoir connu son petit-fils ! Il l’appellera aussi Pierre, comme lui, parce que c’est son premier garçon, et qu’il est bon qu’un père, lui-même aîné de sa fratrie, donne son propre prénom à son fils aîné. Ainsi font les rois de France.

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