Manoirs du pays d’Auge
Dans un très bel ouvrage paru aux éditions Mengès, Yves Lescroart (auteur) et Régis Faucon (photographe) font revivre un patrimoine souvent ignoré car caché derrière la végétation opaque du pays d’Auge : les manoirs… L’œil indiscret révèle une richesse insoupçonnée de couleurs et de formes. L’esprit curieux et expert analyse l’emploi des matières, l’évolution des formes et leur sens historique. Un voyage si proche, qu’il ne manque pas d’étonner. Le manoir seigneurial, une réalité politique et économique ?
Coupesarte, est l’une des images les plus fortes des manoirs du pays d’Auge. (© Régis Faucon)
Le manoir seigneurial, terme équivoque dans le langage contemporain, est appliqué hâtivement à une infinie varité de constructions que distinguent la qualité soignée mais encore modeste de leur mise en oeuvre, leur situation agreste, leurs dimensions et quelques signes plus ou moins évidents de fonctions autres que l’exploitation agricole et la demeure ordinaire.
On situe confusément le manoir à mi-chemin entre la ferme et le château, en associant parfois différents termes : « manoir-ferme », « gentilhommière », « maison-forte », ou « ferme-château », en se fondant sur le seul aspect du bâtiment, ou plutôt de l’ensemble des bâtiments qui caractérisent le manoir. C’est oublier que la notion de manoir recouvre avant tout une réalité politique, fondée sur le droit féodale, que le manoir est l’expression d’un mode d’aménagement du territoire et d’un type de société qui a eu cours pendant une bonne partie de notre deuxième millénaire, avec une période d’apogée aux XVe et XVIIe siècle, qu’il a revêtu des formes variables d’une province à l’autre, en fonction de leurs structures politiques et économiques.
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