Patrimoine Normand

Rouen : Henri Le Secq des Tournelles et son musée

Photographe pionnier du XIXe siècle et passionné de patrimoine, Henri Le Secq des Tournelles a consacré sa vie à réunir l’une des plus remarquables collections de ferronnerie ancienne d’Europe. Grâce à son exceptionnelle générosité, Rouen abrite aujourd’hui le premier musée au monde consacré à cet art, installé dans l’ancienne église Saint-Laurent.

Le musée Le Secq des Tournelles dans l'église Saint-Laurent, à Rouen.

Le musée Le Secq des Tournelles dans l’église Saint-Laurent, à Rouen. (© Touf – Creative Commons)

Mis à jour le 2 juin 2026 à 14:40 Par
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La collection du premier musée au monde consacré à la ferronnerie est l’œuvre de deux personnalités hors du commun, Jean-Louis Henri (communément appelé Henri) Le Secq Destournelles (1818-1882) et son fils Henri le Secq des Tournelles (1854-1927).

Un père pionnier de la photographie

Bien avant de commencer sa collection, Henri le père, peintre de formation, s’était passionné pour les débuts de la photographie dont il ne tarda à devenir un des premiers maîtres. Vers 1850, il s’associa aux travaux de la première association photographique, la Société héliographique, et en 1851, l’Administration des Beaux-Arts le chargea, avec cinq autres artistes, d’une campagne de photographique que l’on appela plus tard Mission héliographique. Il s’agissait de sillonner la France pour la photographier, nous dirions aujourd’hui pour documenter, les monuments du passé ; Le Secq explora le nord-est. Mais il était avant tout parisien, habitant quai de Béthune, et il ne pouvait rester insensible aux destructions causées par les aménagements urbains de la capitale : des rues entières du vieux Paris disparaissaient avec leurs églises, leurs hôtels et toutes ces maisons qui étaient pour lui comme pour son aîné Balzac, l’âme de la cité. Les vues de Paris sont parmi les mieux réussies de Le Secq ; beaucoup ont été prises pendant les travaux ordonnés par Jean-Jacques Berger, le prédécesseur du baron Haussmann, entre 1849 et 1853.

Serrure « pince-voleur », France, XVIIIe siècle.

Serrure « pince-voleur », France, XVIIIe siècle. (© Musée Le Secq des Tournelles – Rouen)

Les débuts de la collection

Il est probable que l’intérêt de Le Secq pour les œuvres de fer se développa pendant ses photographies, au contact des épaves qu’il pouvait rencontrer. La beauté de ces ouvrages anciens et négligés ne pouvait pas échapper à l’artiste, ni les jeux contrastés de la lumière sur le métal, laisser insensible l’œil du photographe.
Le Secq collectionnait déjà les gravures anciennes, et l’on notera chez ce pionnier de la photographie cet intérêt récurrent pour le noir et blanc. L’aisance matérielle de la famille Le Secq favorisa l’ébauche, à partir de 1862 de cette nouvelle collection d’autant qu’à cette époque, le Second Empire, et la décennie qui suit, peu d’amateurs recherchaient les pièces de ferronnerie qui pouvaient être acquises à bon compte.

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