Patrimoine Normand

La Haute Ville de Granville

Derrière ses remparts, la Haute Ville de Granville est un lieu exceptionnel qui peut être comparé au Mont-Saint-Michel ou à Saint-Malo. Cité sur son roc, dont les gouverneurs furent aussi des Grimaldi, certains l’ont même surnommée la « Monaco du Nord ». Un beau patrimoine dans un site superbe mais aussi une ville endormie dont la promotion reste à développer.

Vue aérienne de la Haute Ville depuis le nord avec l’église Notre-Dame sur la droite.

Vue aérienne de la Haute Ville depuis le nord avec l’église Notre-Dame sur la droite. (Photo Yvonnick Guéret © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 1 juin 2026 à 11:50 Par
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Le roc de Granville est site naturel exceptionnel, ce long plateau schisteux domine la mer d’une hauteur variant entre 30 et 40 mètres selon les endroits. Ce promontoire dressé face au large protégeait un profond havre abrité ainsi des vents du nord. Les Vikings remarquèrent naturellement ce site et le nom de Cap Lihou leur est attribué. Dans les terres, un autre nom purement scandinave, Yquelon (le « bois de chênes ») rappelle aussi leur installation.

La tradition prétend que le chef viking Hastings (Hâsteinn) y aurait établi un fort de bois et de terre. Mais le plateau schisteux était encore bien inhospitalier et le village de pêcheurs s’était installé à son pied, le long du havre. Le hameau de Lihou ne comportait que quelques maisons de pêcheurs au pied de la Roque. Au bout du havre, vers la pointe du promontoire, ceux-ci auraient trouvé une statue de la Vierge au milieu des flots. Pour abriter cette statue « miraculeuse », ils construisirent une chapelle sur le sommet du plateau, à l’emplacement de l’actuelle église Notre-Dame ; la date de 1113 inscrite sur une pierre au-dessus de l’actuel chevet rappelle cette première fondation, modeste embryon de la Haute Ville.

Au sud, face au port, la Grande Porte donne accès au cœur de la Haute Ville avec son pont-levis, elle daterait de 1625. Elle est ouverte dans le logis du Roi qui était la demeure du gouverneur de la ville. Ce logis abrite maintenant le musée du Vieux Granville.

Au sud, face au port, la Grande Porte donne accès au cœur de la Haute Ville avec son pont-levis, elle daterait de 1625. Elle est ouverte dans le logis du Roi qui était la demeure du gouverneur de la ville. Ce logis abrite maintenant le musée du Vieux Granville. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mais il n’y avait toujours pas de fortification sur ce plateau quand survient la Guerre de Cent Ans. La Normandie est devenue anglaise sauf le Mont-Saint-Michel où des chevaliers fidèles au roi de France se sont retranchés. En 1436, sous les ordres de Louis d’Estouteville (l’un des ancêtres des Matignon), les chevaliers du Mont prennent le village et le port de Lihou mais la prise doit être abandonnée face à un retour en force des Anglais. Pour éviter d’autres désagréments, Lord Thomas de Scales veut transformer Granville, la presqu’île du Cap Lihou, en forteresse. Sa décision est prise le 26 septembre 1439 et, le 26 octobre 1439, il achète régulièrement, devant notaire, ce plateau aride aux seigneurs du lieu, les Argouge-Granville. Les remparts se dressent bientôt et, surtout, un fossé de 18 mètres de profondeur est taillé dans le roc pour isoler le plateau rocheux du continent. La chapelle devient église ; sa statue attire des pélerinages. Mais, le 8 novembre 1442, Louis d’Estouteville revient à la charge et prend définitivement la cité fortifiée et, par charte de 1445, Charles VII fonde la « Haute Ville » de Granville en accordant de gros privilèges à ses habitants et à ceux qui viendraient s’y établir : elle compte 120 maisons en 1493, 2 913 habitants en 1686.

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