Bretteville-sur-Odon – Le domaine de la Baronnie
Légèrement touchée lors de la dernière guerre, Bretteville-sur-Odon, à proximité de Caen, possède encore de beaux ensembles architecturaux. L’un d’entre eux, la Baronnie et sa « Grange à Dîmes », fait d’ailleurs l’objet de restaurations, réhabilitant de manière intelligente des éléments capitaux de l’histoire de la ville.
Le domaine de la Baronnie à Bretteville-sur-Odon – Vue générale sur le manoir (façades ouest et nord) et sur les bâtiments de la cour. (Photo Erik Groult © Patrimoine Normand)
Un rapide historique
Plus les recherches avancent concernant la Baronnie, plus l’on s’aperçoit que ce domaine est profondément lié à l’histoire de Bretteville-sur-Odon.
L’occupation humaine, d’après les connaissances actuelles, semble être tardive à Bretteville. Alors que des traces proto-voire pré-historiques et antiques sont apparues sur des communes aussi proches que celle de Caen, le sous-sol de Bretteville ne recèlerait de vestiges qu’à partir de la période mérovingienne. Il est bien évident que les recherches n’ont pas fini d’évoluer en ce domaine et que de nouvelles découvertes peuvent intervenir.
La première occupation est constituée par un édifice religieux des VII-VIIIe siècles, dont on a retrouvé une abside, grâce à des sondages effectués autour des restes de l’église Saint-Pierre et autour du cimetière. La pérennité de l’occupation du site a été attestée par des restes du Xe siècle et du XIIe siècle (portail latéral). Au milieu du XIXe siècle, d’ailleurs, les ruines de ce lieu de culte furent décrits par Arcisse de Caumont ; « (…) Cette église (St-Pierre) est en ruine. La nef a perdu sa toiture, il n’en reste plus que les murs latéraux qui offrent une corniche portée sur des modillons et une porte latérale au nord ornée de zigzags, je crois que cette partie ne remonte pas au-delà de la première moitié du XIIe siècle (…) Le chœur est presque intact ; il était voûté en pierre (…) et l’arcade en plein cintre, par laquelle il communique avec la nef, est ornée de losanges. Deux petits autels avaient été au commencement du siècle dernier [XVIIIe siècle] malencontreusement placés de chaque côté de cette arcade dans un espace trop étroit pour les contenir ; ils masquent désagréablement les colonnes portant l’archivolte. Les fenêtres percées dans les murs latéraux sont cintrées sans colonnes, mais garnies d’un tore qui les encadre du haut en bas. La corniche qui surmonte les chapiteaux est ornée d’entrelacs perlés fort élégants ; détails qui annoncent plutôt le XIIe siècle que le XIe siècle. Dans le mur latéral au sud est une porte bouchée dont l’archivolte est garnie de frètes crénelées ; le tympan sculpté en damier est encadré dans un cercle de pierre orné d’un double rang d’étoiles. Une sacristie rectangulaire peu ancienne est appliquée sur le chevet (…). La tour quadrangulaire appliquée après coup contre l’extrémité occidentale de la nef, et terminée par un toit d’ardoise, est de l’an 1680, comme l’indique une inscription incrustée au-dessus de la porte (…). »
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