L’héritage anglais
Au printemps 1064, le roi Édouard le Confesseur charge Harold de Wessex d’une délicate mission diplomatique auprès de Guillaume de Normandie : lui confirmer la promesse de succession au trône d’Angleterre. Derrière cette ambassade se dessinent pourtant les profondes tensions politiques qui agitent alors le royaume anglo-saxon, partagé entre influences normandes, ambitions des Godwin et menaces scandinaves. Sur fond d’intrigues dynastiques et de rivalités entre puissants earls, l’avenir de l’Angleterre semble plus incertain que jamais.
À gauche: Édouard le Confesseur envoie Harold en mission. (Avec l’aimable autorisation de la ville de Bayeux) ; À droite : Harold (reconstitution de costume). (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)
Harold, je t’ai fait mander pour te confier une mission de la plus haute importance.
L’Earl de Wessex s’incline. Face à lui, le roi Edouard, petit-fils par sa mère de Richard Ier de Normandie, siège en grand apparat, calé dans son superbe trône sculpté de motifs animaliers. Pour donner plus de solennité à l’entrevue, il a coiffé sa couronne d’Angleterre et serre son sceptre d’or dans la main gauche.
Edouard a épousé une sœur de Harold de Wessex, mais Edith ne lui a pas donné d’héritier. la rumeur populaire prétend qu’il n’a jamais touché sa femme… Cette réputation lui a valu de ses sujets le surnom d’Edouard le Confesseur, bien qu’il soit loin d’être un saint : par le passé, il a confiné son épouse dans la réclusion religieuse du monastère de Wherwell, gardée par son abbesse qui se trouvait être la propre sœur du roi…
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