Patrimoine Normand

Seine-Maritime

Armand Salacrou

Armand Salacrou

Jamais nous n’oserions caricaturer Jules Durand, ouvrier docker havrais accusé à tort de meurtre et condamné à la peine capitale en 1910, qui perdit la raison malgré sa réhabilitation. À l’image d’Alfred Dreyfus, auquel on le compare souvent, l’homme fut trop accablé de malheurs pour que l’on s’en amuse, même avec bienveillance.

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Au pied du pont de Normandie s’étendent de vastes roselières. (© Stéphane William Gondoin)

La Seine – Estuaire sauvage

Située à cheval sur les départements de la Seine-Maritime, de l’Eure et du Calvados, la Réserve naturelle nationale de l’estuaire de la Seine abrite une faune et une flore variées, qui la consacrent comme l’une des zones écologiques majeures de Normandie. La présence de ce véritable jardin d’Éden peut surprendre, aux portes du Havre et de son immense complexe industrialo-portuaire.

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Table de Peutinger – Itinéraire de la Normandie gallo-romaine

Table de Peutinger – Itinéraire de la Normandie gallo-romaine

Un document exceptionnel permet de connaître géographiquement les différentes villes des provinces de l’Empire romain et les distances qui les séparent : la Table de Peutinger, ou Tabula Peutingeriana. Ce n’est pas une véritable carte, car ce qu’elle montre n­­­’est aucunement une représentation de l’Empire romain, mais plutôt celle d’un réseau, comme les réseaux des transports en commun des villes actuelles qui ne proposent pas une vision réelle des lieux. La Normandie y est parfaitement visible, avec ses grandes villes et une partie de ses voies romaines.

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Raoul Dufy, Le Casino Marie-Christine au Havre, 1910, huile sur toile, 65,5 x 81,5 cm. (Le Havre, musée d'Art moderne André-Malraux © Florian Kleinefenn)

Raoul Dufy – Le casino Marie-Christine au Havre

Artiste majeur de la première moitié du XXe siècle, Raoul Dufy a vu le jour au Havre en 1877 et resta sa vie durant attaché à sa ville natale, au point de déclarer un jour à sa femme : « Et surtout, il ne faudra jamais oublier Le Havre. » Il tiendra parole : le musée d’Art moderne André-Malraux (MuMa), l’un des fleurons patrimoniaux de la Porte Océane, conserve parmi ses collections un fonds de près de cent-trente œuvres

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L’archéologie du Débarquement et de la bataille de Normandie

L’archéologie du Débarquement et de la bataille de Normandie

Depuis l’émergence de l’archéologie préventive à la fin des années 1980, les côtes et le sol de la région normande n’ont cessé de livrer des vestiges de la bataille qui s’est livrée du 6 juin à la fin du mois d’août 1944 entre les forces alliées, américaines, britanniques et canadiennes, et les troupes d’occupation du IIIe Reich. Depuis 2014, ces découvertes alimentent une nouvelle thématique de recherche liée à l’histoire matérielle et anthropologique du conflit ainsi qu’aux enjeux mémoriels qui en découlent aujourd’hui, dont la candidature des plages du débarquement à la liste pour une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

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La porte d’Aval et son Aiguille, symboles de l’érosion constante que subissent les falaises. (© Stéphane William Gondoin)

Étretat – Grandeur nature

Au temps pratiquement révolu de la carte postale, les images des grandes arches d’Étretat ou de son Aiguille voyageaient en direction des quatre coins du globe dans les soutes d’avions de transport. De nos jours, grâce aux moyens de communication modernes, ces mêmes images se retrouvent à l’autre bout de la planète en une fraction de seconde. La révolution numérique a tout bouleversé, sauf la magie grandiose qui se dégage de ces paysages, quand la nature nous a offert ici l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre.

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La chapelle Notre-Dame-de-la-Garde, perchée au sommet de la falaise d’Amont. (© Stéphane William Gondoin)

Les trésors bâtis d’Étretat

Le petit village de pêcheurs, d’abord fréquenté par les artistes, est donc devenu en deux siècles l’un des lieux normands les plus connus et les plus visités. Si, comme Maupassant l’affirme dans Une vie, on y vient d’abord pour admirer « ces grandes arches de la falaise qu’on nomme les portes d’Étretat », la commune abrite aussi quantité d’éléments patrimoniaux qui méritent une attention toute particulière.

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Claude Monet, Étretat, la Porte d'Aval, 1885. (© Musée des Beaux-Arts de Dijon/François Jay)

Inspiration et loisirs à Étretat – Les falaises, le soleil et la mer

Au début des années 1820, les premiers artistes arrivent et séjournent à Étretat. La primeur de la « découverte » du site revient à deux peintres de renom, Eugène Isabey et Eugène Le Poittevin. Un troisième personnage, l’écrivain et journaliste Alphonse Karr, assurera sa popularité et sa célébrité, au point d’affirmer en 1884 : « J’ai tant bavardé sur Étretat que je l’ai mis à la mode, et qu’aujourd’hui c’est une succursale d’Asnières. »

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