Voltaire en Normandie
Au début du XVIIIe siècle, le jeune François-Marie Arouet, futur Voltaire, partage son temps entre les salons, les cercles littéraires, les séjours normands et les démêlés avec le pouvoir. De Rouen à Quevillon, de la Bastille à l’exil anglais, cette période décisive voit naître l’écrivain dont le talent et l’esprit vont bientôt rayonner dans toute l’Europe.
À gauche: Portrait présumé de Voltaire, jeune en habit d’élève des Jésuites, tableau de François de Troy. (© musée Lambinet à Versailles) ; À droite : le château de la Rivière-Bourdet à Quevillon. (© Jacques Mossot)
Le château de la Rivière Bourdet à Quevillon (1723-1726)
Rouen (1731)
Nous avions laissé Voltaire en « punitions » à Caen, puis à La Haye, punitions qu’il sut adoucir aux bras de galantes dans les salons huppés et libertins où il récite ses épîtres avec brio. Son père, excédé par les frasques successives de son fils âgé de dix-huit ans, le fait rapatrier et hésite à l’expédier vers des îles lointaines ou le faire garder près de lui. Il choisit cette dernière solution et le fait entrer chez un notaire royal de ses amis, Maître Alain, rue du Pavé Saint-Bernard où le soleil ne s’impose jamais.
Bien que s’ennuyant ferme dans les odeurs d’encre et de papier humide, Voltaire apprend les dessous parfois retors des affaires qui lui serviront plus tard, mais découvre surtout l’amitié avec un jeune clerc de l’étude qui, comme lui, exerce son travail de gratte-papier :
« Nicolas Thiriot : amateur de poésie et clerc de notaire ! »
« François Marie Arouet : poète et fils d’un père intransigeant ! »
Ils ne se quittent plus et conversent sans fin sur les poètes épiques grecs et latins. Cette amitié fidèle et sacrée durera jusqu’à la mort de Voltaire. Ce dernier reprend le chemin de la Société du Temple, pavillon de tragédie d’Œdipe qu’il vient lire avec talent au château du Maine au milieu d’une cour quasi-royale ; malgré certaines critiques, tout ce beau monde est convaincu de son génie.
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