Patrimoine Normand

Caen : la paroisse Saint-Sauveur

Dans notre précédent numéro, nous avions visité le quartier de l’église Saint-Étienne-le-Vieux et la rue Écuyère. Nous visiterons cette fois le quartier Saint-Sauveur qui a pour ornement la plus belle place de Caen.

La statue de Louis XIV en est l'un des ornements avec le clocher de Saint-Sauveur.

La statue de Louis XIV en est l’un des ornements avec le clocher de Saint-Sauveur. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 2 juin 2026 à 11:29 Par
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Un marché à l’abri des remparts

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, Guillaume le Conquérant va enclore derrière un talus de terre muni d’une palissade le « Bourg le Roi » – entre le « Bourg l’Abbé » et le « Bourg l’Abbesse ». Dans l’angle nord-ouest de cette enceinte, se dresse une église qui va donner son nom au quartier, ce sera la paroisse Saint-Sauveur. À son pied a lieu un marché déjà mentionné en 1026-1027 et qui existait probablement auparavant. L’église va ainsi s’appeler Saint-Sauveur-du-Marché. Sa fondation est attribuée à Saint-Regnobert (évêque de Bayeux au VIIe siècle), elle est mentionnée pour la première fois entre 1108 et 1128.

Derrière son rempart, le marché va donner un essor au quartier. L’église en est le cœur car, outre la place elle-même où il se tient, à l’ouest de l’édifice, de petites halles seront construites à l’est de son chevet. Il y a là la Halle de la Mercerie, la Halle au Pain. La Halle aux Tanneurs était établie entre la rue Saint-Sauveur et l’Odon. Le tout formait les Grandes Halles. En outre, l’église était entourée de logettes de marchands. Une charte du duc Richard III, de 1026, fait mention du marché du lundi. Plus tard sera institué le marché du vendredi. Les coutumes et droits de ces marchés appartenaient au Duc pour le lundi. Depuis 970 ans ce marché perdure, le vendredi de nos jours.
Un rempart de pierre probablement peu élevé remplaça la palissade dressée à l’époque de Guillaume le Conquérant. Sur le côté nord s’ouvrait une porte appelée porte au marché (Porta Mercati) en 1189. Elle sera ensuite appelée porte Baudry, porte Pesmegnie, enfin et surtout porte de Bayeux. Son rôle est alors très important. C’est l’une des deux portes qui ouvrent sur le rempart nord. Il y a la porte Saint-Julien, près du château, à l’est, et la porte de Bayeux à l’ouest. Sur le front ouest la porte Saint-Étienne (voir notre précédent numéro) est moins facilement accessible. La rue de Bayeux traverse le quartier de Bourg-l’Abbé pour arriver directement à la porte de Bayeux par la Grande Rue de Bourg-l’Abbé.

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